(MàJ) Wikipédia fermera mercredi pour protester contre SOPA et PIPA

Wikipédia en anglais 88
Mise à jour : Jimmy Wales, le fondateur de Wikipédia, vient de l'officialiser sur son Twitter. Wikipédia en anglais fermera ses portes mercredi, et ce, durant 24 heures. La version allemande diffusera une bannière, et les autres divisions de Wikipédia choisiront leur action. 100 millions de personnes devraient être touchées par cette action selon Wales.

Jimmy Wales Wikipedia off



Article du 14 décembre 2011.

La France a son Hadopi, les USA ont leurs projets « Protect IP Act » (PIPA) et « Stop Online Piracy Act » (SOPA). Mais si la lutte contre les sites violeurs de loi ne gêne pas la plupart des acteurs du Web américain, ces derniers voient d’un mauvais œil le manque de précision de ces projets, notamment au sujet de la responsabilité juridique des intermédiaires des sites et services « pirates » (notre article). Wikipédia, en signe de protestation, pense même à fermer ses portes.

Wikipedia
Source : Wikimedia

La question est encore en réflexion, mais par l’intermédiaire d’un post de Geoff Brigham (avocat) sur son blog, la fondation Wikimédia envisage diverses formes de protestations : « Je veux être très clair : la fondation Wikimédia estime que la décision d’organiser une manifestation sur wiki, telles que la suspension du site ou la publication d’une bannière en haut, est une décision communautaire. La Fondation Wikimédia soutiendra les contributeurs peu importe leurs décisions. »

Copier la version italienne de Wikipédia

Cette idée de fermer Wikipédia, l’un des sites les plus vus et utilisés dans le monde, a aussi été émise par Jimmy Wales, le fondateur de l’encyclopédie en ligne en 2001. Dans une discussion sur son encyclopédie, Wales remarque que la division italienne de Wikipédia a récemment fermé ses portes durant une courte période pour protester contre une loi s’attaquant directement à son indépendance et à sa liberté. La loi du gouvernement Berlusconi a finalement été annulée.

Et pour Jimmy Wales, le projet américain SOPA est pire encore. Copier l’initiative italienne est donc une forte possibilité. Si elle venait à être acceptée par les contributeurs, une autre question se posera alors : couper Wikipédia aux États-Unis uniquement ou Wikipédia en anglais ? SOPA et PIPA sont en effet des projets de lois américains et le but est de faire pression sur le gouvernement américain afin qu'il revoit sa copie. Mais les conséquences de ces projets seront mondiales puisque leur but est de s’attaquer aux sites étrangers.

Une fermeture sans précédent

Jimmy Wales conclut son message en rappelant qu’une fermeture aussi importante de Wikipédia serait « sans précédent » pour sa version en anglais. Il demande alors aux contributeurs de voter, et donc de soutenir ou de s’opposer à cette proposition. Au regard des multiples réactions qui ont suivi, le soutien est évident, les « strong », « firmly » et « full support » se comptent par centaines.

Pour la Wikimedia Foundation, SOPA, au nom de la lutte contre la contrefaçon, est en fait un moyen de faciliter la censure sur Internet, tout simplement. Et cet avis est loin d’être unique, puisque des sociétés comme Google, Mozilla, Yahoo!, eBay, Facebook, Twitter, AOL, LinkedIn, Zynga, etc. ont déjà montré leur mécontentement le mois dernier. Une lettre ouverte de ces derniers a ainsi été envoyée aux parlementaires américains afin de montrer leurs oppositions à ce projet.

SOPA ACTA EST

La Quadrature du Net craint d’ailleurs que cette censure au nom de la lutte contre le « piratage » atteigne l’Europe et même le monde entier comme une trainée de poudre : « si cette dangereuse législation était adoptée aux États-Unis, elle deviendrait la norme mondiale dans la guerre contre le partage de la culture, avec l'Accord Commercial Anti-Contrefaçon (ACTA) comme vecteur. (…) Alors que la Commission européenne et les États Membres de l'Union européenne poussent à la ratification de l'ACTA pour intensifier la guerre contre le partage, il est clair que les mesures incluses dans SOPA et PIPA seront bientôt discutées en Europe si rien n'est fait pour les arrêter. En effet, le chapitre numérique de l'ACTA vise à exercer des pressions sur les acteurs d'Internet pour qu'ils “coopèrent” avec les ayants droit, et serait l'instrument idéal pour faire adopter des mesures aussi draconiennes. »
Publiée le 16/01/2012 à 19:30
Nil Sanyas

Journaliste, éditorialiste, créateur des LIDD. Essentiellement présent sur Google+.

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