FTTH : l’État "reprendra la main" si les FAI ne tiennent pas leurs engagements

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Lors des quatrièmes Assises du numérique hier, où 57 objectifs ont été fixés pour la France d’ici à 2020, le premier ministre François Fillon a abordé le thème du très haut débit, et donc de la fibre optique (FTTH). Il a notamment adressé un message fort aux FAI français.

François Fillon ITEspresso

Le premier ministre a tout d’abord vanté l’importance de la concurrence et des FAI actuels dans l’essor de l’ADSL en France. Il a ensuite abordé le sujet du très haut débit, rappelant que l’État souhaitait fibrer 70 % de la population en 2020 et 100 % en 2025. 2 milliards d’euros seront ainsi investi par l’État « pour stimuler l’initiative privée » et celle des collectivités locales a-t-il précisé, ceci dans « une logique de recherche, de partenariat, d’effet de levier ».

Ne pas avoir une confiance aveugle dans le secteur privé

La mise en œuvre complète de ce programme représente 21 milliards d’euros sur 10 ans, « dont la majeure partie devra être apportée par les acteurs privés » a-t-il insisté. Mais il a surtout avoué qu’il ne fallait pas faire preuve d’angélisme au sujet des fournisseurs d’accès à Internet :

« Il y a une erreur qu'il ne faudrait pas commettre, c'est faire preuve d'un excès de confiance vis-à-vis des opérateurs. Ils ont exprimé leur volonté de participer à ce chantier national, ils doivent bien sûr y jouer pleinement leur rôle car toutes les capacités d'investissement doivent être mobilisées pour l’aménagement numérique du territoire et c'est vital pour eux afin d'assurer leur développement à long terme. »

"Nous serons vigilants"

Et le premier ministre ne s’est pas arrêté là. Après son avertissement quant à l’excès de confiance envers le privé, François Fillon a ensuite rappelé que les FAI se sont engagés à fibrer à moyen terme 3600 communes, soit 57 % des ménages français. « Ces intentions doivent se traduire d’engagements forts. (…) Nous serons vigilants. Nous sommes prêts à reprendre la main si ce n’est pas le cas. »

La formule est intéressante, même si elle n’a malheureusement pas été explicitée. L’État se dit donc prêt à reprendre la main si les résultats ne suivent pas les promesses. Cela signifie-t-il que des sanctions pourraient être infligées aux FAI ? Car il est peu probable que l’État se substitue aux opérateurs et investisse des milliards dans la fibre optique…

La couverture du pays déjà en retard

Les FAI français sont en tout cas en retard par rapport à leur feuille de route. En octobre dernier, nous rappelions en effet qu’ils prévoyaient de fibrer 4 millions de foyers fin 2012, or seulement 1,2 million de foyers sont pour l’instant reliés à un réseau à très haut débit dans l’Hexagone. L'année 2012 devra ainsi être exceptionnelle si les FAI souhaitent atteindre leurs buts en matière de couverture.

Vous pouvez retrouver l’intégralité du discours de François Fillon en vidéo chez notre confrère ITespresso.fr.
Publiée le 01/12/2011 à 18:07
Nil Sanyas

Journaliste, éditorialiste, créateur des LIDD. Essentiellement présent sur Google+.

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