Firefox natif pour Android commence officiellement sa carrière

Plus de XUL 11
Sur les ordinateurs standards, le nom de Firefox est suffisamment connu pour que la marque s’entretienne d’elle-même. Cependant, sur les appareils mobiles, la situation est toute autre : le butineur de Mozilla doit encore prouver ses capacités. L’éditeur a pris récemment une grande décision : l’abandon du XUL en faveur de composants natifs pour l’interface. Les premières versions font du coup leur apparition.

firefox

Remise à zéro des pendules

Le 17 octobre dernier, nous indiquions que Mozilla avait pris la décision d’abandonner le XUL pour la version Android de Firefox. Les raisons en étaient les performances : le XUL est un langage de description d’interface basé sur le XML, mais il est interprété. L’interprétation exige que le moteur de rendu soit chargé pour que l’interface apparaisse, ce qui crée une chute de performances pour le lancement de l’application. Peu d’importance sur un PC, mais nettement plus sur un smartphone.

Mozilla avait indiqué à cette occasion que si la décision était prise, aucune date n’était donnée. On en sait désormais un peu plus puisque l’éditeur a finalement compilé un prototype qui s’est révélé assez bon pour être intégré dans le cycle des Nightly. Il s’agit de la première étape puisqu’il faudra ensuite à la nouvelle version remonter à travers les canaux de distribution Aurora puis Bêta avant d’atterrir enfin en mouture finale.

Le changement a été effectué. Depuis aujourd’hui, ceux qui possédaient une version Nightly de Firefox sur leur smartphone Android reçoivent une mise à jour. Seul ce canal de distribution est concerné pour l’instant : tant que « Fennec Native » (nom de code actuel) ne progresse pas, les versions Aurora et Bêta restent avec les versions XUL classiques. Mozilla prévient d’ailleurs que les bugs rencontrés par les testeurs doivent être remontés dans le composant Fennec Native de Bugzilla.

Le développement va se faire à un rythme rapide et les testeurs auront probablement une mise à jour quotidienne. Mozilla espère d’ailleurs que les testeurs seront nombreux car la stratégie elle aussi a été mise à jour : ce Firefox natif pour Android doit viser aussi bien les smartphones que les tablettes. Cela crée donc une longue liste de cas possibles d’utilisations.

Les développeurs d'extensions devront s'adapter

Il faut bien comprendre cependant que si la décision de Mozilla a un réel impact positif sur la consommation de mémoire vive et la réactivité en passant par le temps de démarrage, elle en a un négatif sur l’écosystème des extensions. Ces dernières étaient conçues jusqu’à présent pour le XUL. Conséquence : plus aucune ne fonctionnera dans le nouveau navigateur.

Dans l’explication donnée par le développeur Mark Finkle de chez Mozilla, on apprend qu’une nouvelle interface baptisée NativeWindow devra être utilisée pour la création des extensions. Les existantes devront nécessairement être basculées vers la nouvelle interface pour fonctionner. Finkle ajoute que l’utilisation de JetPack est possible pour le développement des extensions.

Dans les commentaires suivant l’annonce, de nombreux problèmes et questions sont soulevés. Ainsi, Sync ne sera pas présent dans l’immédiat. La fonction reviendra sous la forme d’un service Android qui sera appelé en cas de besoin mais qui ne réclamera pas le lancement de Firefox pour fonctionner. On trouve également plusieurs testeurs déçus par l’abandon du XUL, mais la décision a été prise et Mozilla ne compte pas revenir dessus.

Tant que ce Firefox natif reste dans le canal Nightly, son utilisation reste limitée. Après un passage en Aurora, c’est la publication de la bêta qui ouvrira surtout les vannes des retours, et certainement des critiques. Car Mozilla ne pourra pas empêcher les utilisateurs de l’actuel Firefox de se heurter au mur des nouveautés, et ceux qui possèdent actuellement des extensions risquent de se demander pourquoi elles ne fonctionnent plus tout à coup.

Cela étant, si Mozilla souhaitait dans tous les cas remettre les compteurs à zéro, il était préférable de le faire maintenant puisque les extensions se limitent à quelques centaines. Les développeurs, eux, auraient certainement préféré que ce choix soit fait dès le début.

Publiée le 23/11/2011 à 17:15 - Source : Mozilla
Vincent Hermann

Rédacteur/journaliste spécialisé dans le logiciel et en particulier les systèmes d'exploitation. Ne se déplace jamais sans son épée.

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