Christian Paul : sur Hadopi, "Vincent Feltesse est allé un peu loin"

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Où en est le sujet Hadopi chez François Hollande ? Christian Paul, député PS, nous a fait part de sa prudence, en marge d’une conférence organisée pour les 60 ans de l’UFC-Que Choisir, la veille du forum d'Avignon. 

christian paul

« On ne va pas jouer au chat et à la souris, prévient le député qui avait fait le choix de Martine Aubry avant les primaires. Le candidat s’est exprimé à plusieurs reprises, je pense qu’il le fera à nouveau dans les semaines qui viennent directement ou via un porte-parole qu’il désignera sur ces questions-là. Au moment où on parle, je peux vous donner mon sentiment. On est dans l’après Hadopi, dans l’abrogation d’Hadopi. Après il faut aller dans la proposition construite de nouvelles rémunérations. Il y a un portefeuille de solutions et c’est dans ce portefeuille que le candidat Hollande devra puiser. »

Mais quid de la proposition de Vincent Feltesse, responsable de la web campagne d’Hollande ? « Moi j’avais trouvé qu’il est allé un peu loin. La campagne va commencer, il faudra que le candidat s’exprime, lui-même ou de manière autorisée ». Le message du candidat PS n’est donc toujours pas blindé.

Vincent Feltesse, son animateur de campagne numérique, avait pourtant décrit ainsi l’après Hadopi en employant un « nous » très collaboratif : « Nous ne sommes favorables ni à un big bang du droit d’auteur ni à l’instauration d’une taxe sur les ménages (ou sur les fournisseurs d’accès à Internet, ce qui revient au même) venant financer une « licence globale » ou autre « contribution créative ».

L’intéressé proposait également de « créer un régulateur sur les cendres d’Hadopi, doté d’un pouvoir de règlement des litiges et d’une « riposte graduée » contre les majors allant de l’encadrement des pratiques commerciales – minimums garantis, avances, etc. – à la gestion collective obligatoire ». Dans ce dispositif, Feltesse décrivait aussi le maintien d’un « mécanisme de détection des pratiques de piratage et d’avertissement des internautes », dans lequel « le dossier de l’internaute pourrait être transmis aux ayants droit aux fins de poursuites civiles ».
Publiée le 21/11/2011 à 15:12
Marc Rees

Journaliste, rédacteur en chef

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