Firefox : Mozilla met son projet multi-processus Electrolysis en pause

Un effort trop important pour l'instant 71
On parle depuis longtemps chez Mozilla d’un projet baptisé Electrolysis et dont le but est de redessiner Firefox pour qu’il s’appuie sur plusieurs processus au lieu d’un seul. Les avantages seraient nombreux mais un tel projet réclame des moyens conséquents et des efforts concertés. L’éditeur a décidé de mettre Electrolysis en pause pour l’instant.

firefox

La séparation des processus déjà chez la concurrence

Internet Explorer 9 et Chrome ont ceci de commun qu’ils créent autant de processus en mémoire que d’onglets ouverts. Chaque processus est géré indépendamment, ce qui offre des avantages en termes de performances puisque ce type d’architecture tire parti des cœurs multiples des processeurs récents, de sécurité ou encore de stabilité, mais au prix d’une consommation mémoire légèrement supérieure.

Firefox ne dispose pas d’une telle architecture, loin de là. Safari par exemple dispose d’une solution intermédiaire. Si on ne trouve pas une vraie séparation des onglets en processus, il y a tout de même une coupure entre le navigateur lui-même et le contenu web, chacun dans une zone différente de la mémoire. Dans Firefox, tout est réuni au sein du même processus. L’un des effets négatifs d’un tel rassemblement est que le moindre crash d’un élément peut potentiellement entrainer toute l’application avec lui.

Electrolysis mis en pause pour un temps indéfini

Dans un billet sur son blog, le responsable Lawrence Mandel de chez Mozilla explique les raisons qui ont poussé l’éditeur à réfléchir intensément au sujet d’Electrolysis. Ce projet avait pour objectif de découper Firefox en plusieurs processus, en commençant par séparer l’interface du contenu web, comme dans Safari. Mandel explique que parmi tous les projets visant à améliorer la réactivité de Firefox, Electrolysis était de loin le plus complexe à mettre en place.

Electrolysis revient à chambouler de manière très profonde l’architecture d’un logiciel déjà existant. Dans le cas de Firefox, cela requiert la coordination et la concertation de nombreuses équipes. Plus délicat encore, une telle modification aurait des répercussions sérieuses sur l’écosystème des extensions car, à terme, chaque onglet aurait représenté un processus isolé dans une sandbox.

Mais comme l’indique le responsable, les avantages techniques d’Electrolysis ne sont pas remis en question. Ce qui l’est en revanche, c’est le timing : ce projet réclame du temps, beaucoup de temps, même si une partie a déjà été accomplie dans la version mobile de Firefox (séparation de l’interface et du contenu). Les progrès réalisés jusqu’à présent ne sont pas effacés et sont simplement reportés à plus tard.

Priorité aux bénéfices plus immédiats

Mais la vraie question est : pourquoi ? Parce que Mozilla dispose d’un ensemble de projets qui sont tous placés sous une même égide, à savoir l’augmentation des performances et de la réactivité. Electrolysis est le plus ambitieux et à ce titre, il laisse sa place à d’autres travaux qui seront plus rapidement mis en place tels que l’isolation des plug-ins (et uniquement ceux-ci), des optimisations pour les Places et un ramasse-miettes incrémentiel.

Les réactions à l’article couvrent à peu près toutes les palettes. Certains se disent ravis d’une telle décision qui va pouvoir accélérer la mise en œuvre d’améliorations plus simples et au bénéfice plus immédiat. À l’inverse, d’autres s’inquiètent de voir Mozilla se contenter des solutions à court terme et repousser encore un projet aussi important. Et par court terme, Mozilla veut dire que le délai est « connu », ce qui n’est pas le cas d’Electrolysis.

Firefox restera donc un navigateur à processus unique pendant encore un bon moment. Le découpage reste toujours un projet en cours mais il n’a pour quelque temps plus aucune priorité.
Publiée le 18/11/2011 à 10:04 - Source : Mozilla
Vincent Hermann

Rédacteur/journaliste spécialisé dans le logiciel et en particulier les systèmes d'exploitation. Ne se déplace jamais sans son épée.

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