ARM annonce l'arrivée du 64 bits et vise le monde des serveurs

Cible authentifiée : Intel 84
L’architecture ARM est devenue incontournable dans le monde de la mobilité tant les puces de type System-on-a-Chip l’exploitant sont nombreuses. La société anglaise ARM elle-même prépare cependant des ajouts majeurs dans la prochaine version de son architecture et compte bien aller rogner des parts de marché dans le monde des serveurs.

Eee Pad Transformer

L’architecture ARM va donc prochainement se voir ajouter pour la première fois le 64 bits. L’architecture n’y bascule pas complètement et va plutôt se tourner vers une solution hybride, à l’instar d’Intel et AMD.

Plus précisément, les prochaines générations de puces ARM pourront posséder deux états d’exécution nommés AArch64 et AArch32. Aarch64 aura besoin d’un nouveau jeu d’instructions baptisé A64 et dévolu, comme son nom l’indique, au 64 bits. L’autre état, AArch32, s’appuiera sur le jeu d'instructions 32 bits tel qu’on le trouve dans l’architecture actuelle.

Il existe évidemment plusieurs conséquences importantes à l'introduction du 64 bits. Premièrement, on note la disparition de certaines limites comme la quantité de mémoire vive adressable. Une limite qui n’était pas réellement un problème dans le monde mobile, mais qui en devient un quand les ambitions grandissent. Deuxièmement, ARM compte justement profiter du 64 bits pour lorgner du côté des serveurs.

Viser les serveurs, c’est viser Intel puisque le fondeur représente à lui seul 90 % du marché avec ses Xeon. Mais ARM ne cible sans doute pas exactement le même type de machine. En effet, les puces ARM sont connues pour leur excellent rapport performances/consommation, mais cela ne signifie pas pour autant qu’elles sont elles-mêmes très puissantes, bien qu’il faille attendre de nouveaux modèles pour juger des performances. Cela ouvre également la voie à des serveurs ARM fortement parallélisés et 64 bits.

Autre conséquence : la possibilité de lancer des appareils Windows 8 plus puissants. Les puces ARM 64 bits ne sont pas destinées à arriver sur le marché avant 2014. Toutefois, Microsoft est en partenariat désormais avec des sociétés telles que NVIDIA et Texas Instrument pour la compatibilité de leurs puces avec son système (ARM crée l'architecture mais n’est pas un fondeur). La question du 64 bits a donc dû nécessairement être abordée, mais il faudra attendre une annonce en ce sens pour en savoir davantage.

Dans un tel contexte, il n’est pas étonnant que de nouvelles rumeurs mentionnent une relation naissante entre HP et ARM autour de prochains serveurs particulièrement efficaces dans leur gestion de l’énergie. Une gestion qui pourrait prédestiner les prochaines générations de puces à investir les fermes de serveurs et les centres de données à l’heure où le cloud se généralise. 

Dans tous les cas, ARM n'abandonnera pas ses objectifs très ambitieux sur le secteur mobile puisque la société veut que son architecture se retrouve dans la moitié des appareils mobiles en 2015.
Publiée le 31/10/2011 à 15:32 - Source : ARM
Vincent Hermann

Rédacteur/journaliste spécialisé dans le logiciel et en particulier les systèmes d'exploitation. Ne se déplace jamais sans son épée.

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