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Édito : Google+ a-t-il forcé Facebook à évoluer plus que de raison ?

Et même un peu trop peut-être

Pour certains, c'est le 18 juin. Pour d’autres, plutôt le 11 septembre. Pour Facebook, le 28 juin (2011) est certainement un tournant dans son histoire. Ce jour là, Google lança un certain Google+. Moins de trois mois après son lancement, Google+ est encore très loin de terrasser Facebook en nombre d'inscrits. Et pourtant, ce dernier, après plusieurs années de stagnation, a probablement vécu l’évolution la plus folle de son existence. Mais est-ce réellement un bien ?

Google plus réseau socialFacebook  

Afin de mieux comprendre la situation, petit récapitulatif des dernières nouveautés de Facebook (liste non exhaustive) :
  • 6 juillet : Facebook s'allie à Skype et intègre la vidéo : présentation et test
  • 16 août : Facebook : que faisiez-vous l'année dernière à la même date ?
  • 23 août : Facebook va ressembler un peu plus à... Google+
  • 9 septembre : Facebook teste des listes Smart à remplissage automatique
  • 15 septembre : Facebook lance les abonnements et se rapproche de Google +
  • 16 septembre : Facebook : la barre de navigation devient fixe
  • 21 septembre : Facebook : « À la une » et photos améliorés, le « Ticker » arrive
  • 22 septembre : Facebook annonce Timeline : l'histoire de votre vie
  • 22 septembre : Facebook : nouveaux verbes, écoutez de la musique entre amis
  • 22 septembre : Facebook & Yahoo! : la lecture d'actualités sera aussi sociale
Bien sûr, avant l’arrivée de G+, Facebook n’était pas non plus éteint. Il n’était pas aux réseaux sociaux ce qu’était Internet Explorer aux navigateurs entre 2001 et 2006. Mais les évolutions du site de Mark Zuckerberg ont été ces dernières années bien plus espacées dans le temps, hormis au niveau de l’interface, où cela a toujours été mouvementé. Rajoutons enfin qu’il est certain que plusieurs nouveautés étaient prévues de longue date, et que G+ n’a pas grand chose à voir avec leur sortie. Sauf peut-être du côté du calendrier.

L’arrivée de G+ est donc dans un premier temps bénéfique pour tout le monde. À l’instar de Firefox dans le secteur des navigateurs, il a poussé le leader du moment à se remettre en question et à revoir certains de ses principes, pourtant écrits dans le marbre durant des années. Et voilà donc que Facebook propose à ses utilisateurs de mieux gérer ses options de confidentialités ainsi que ses groupes, afin de rattraper les cercles de Google. Les comptes peuvent être ouverts si le membre l’accepte, se rapprochant ainsi un peu plus de Twitter et G+. Et les actualités des membres s’affichent depuis peu en direct tel un flux, à l’image de la « timeline » de Twitter.

Bref, ces derniers jours, Facebook a fortement évolué, et c’est sans compter les évolutions des prochains jours avec notamment le "J’aime" détourné en je mange, je lis, j’écoute, etc. Sans oublier le fameux journal (timeline) présenté avant-hier par Facebook et dont voici la vidéo de présentation.


Tout ceci soulève plusieurs remarques :

Facebook ne va-t-il pas trop vite en lançant autant de nouveautés d’un coup d’un seul ? Non seulement, certains changements semblent précipités, mais surtout, nous pouvons nous demander si Facebook laisse assez de temps à ses utilisateurs pour s’habituer à chacune des nouvelles options disponibles. Ces dernières ne font en effet que complexifier un réseau social ultra grand public, faut-il le rappeler. Il est ainsi probable, mais cet avis est purement personnel après tout, que de nombreuses options de Facebook seront utilisées par une ultra minorité de personnes, faute de mise en avant, ou même tout simplement d’utilité pour les membres.

Autre point important, la précipitation de Facebook semble clairement être liée à Google+. Or ce dernier n’est pour l’instant en aucun cas un réel concurrent, même s’il est désormais totalement ouvert. Facebook compte aujourd’hui 800 millions de comptes, contre 20 fois moins pour G+. Certes, certains membres de Facebook sont peu actifs et le nombre de comptes bidons (bébés, animaux, etc.) est non négligeable. Quand bien même, Google+ reste un nain à côté de Facebook, et le réseau social de Google attire surtout des technophiles, ce qui est à la fois un défaut et une qualité pour ses utilisateurs.

Nous pouvons alors sérieusement nous demander si Facebook ne surestime pas le danger que représente Google+. Malgré la puissance évidente de ce dernier et ses nombreux atouts, le grand public n’a aucune raison de quitter Facebook pour G+ à l'heure actuelle. À moins d’être dégouté de Facebook. Mais malgré les très (trop) nombreux changements d’interfaces opérés par le réseau social, seule une minorité a déserté Facebook.

Quelle est l'identité de Facebook ?

Mais surtout, en voulant s’aligner sur la concurrence et en multipliant les changements, Facebook ne perd-il pas son identité, voire son âme ? Si G+ ainsi que Twitter ont clairement eu une influence positive sur Facebook, ce dernier, en se rapprochant d’eux, prend le risque de se banaliser. G+, par exemple, a eu la riche idée de parfaitement séparer les jeux sociaux afin de ne pas gêner les utilisateurs détestant tout ce qui a trait aux jeux. Un choix judicieux qui lui permet de garder son identité tout en satisfaisant ceux appréciant les jeux.

Facebook, lui, adopte une philosophie différente. Quand un changement a lieu, il est généralement imposé à tous, notamment pour des raisons financières. Cela peut paraître surprenant, mais jusqu’à aujourd’hui, cette philosophie a payé. Certes, à chaque changement, d’interface notamment, de nombreuses voix s’élèvent. Des ajustements ont parfois ainsi été réalisés afin de calmer la foule, mais globalement, Facebook impose ses choix. Et tant pis si cela plait ou non. Cela a-t-il pour autant tué le site de Zuckerberg ? Pas du tout. Bien loin de là. Les gens crient, les utilisateurs sont agacés. Mais ils restent.

Est-ce une nouvelle forme d’esclavagisme ou de dépendance ? La question peut se poser, tant le désistement est faible. À l’instar du moteur de recherche Google, les internautes ne veulent-ils pas changer d’air ? Soit parce qu’il n’existe pas mieux à leur goût, soit parce que le service donné leur suffit et qu’ils ne cherchent même pas à savoir si l’herbe est plus verte ailleurs.

Mais contrairement au secteur de la recherche, créer un concurrent sérieux de Facebook est bien plus simple, tout du moins me semble-t-il. Le plus complexe reste surtout à fédérer massivement. Or il est bien possible que ce mois de septembre soit un tournant dans l’histoire des réseaux sociaux. Facebook vient de (ou va) réaliser des changements d’une importance immense. De l’autre côté, Google+, qui mise sur la simplicité et est sans publicité (pour le moment), est désormais ouvert à tous.

Rendez-vous d’ici quelques semaines pour connaître le grand vainqueur.
Nil Sanyas

Journaliste, éditorialiste, créateur des LIDD. Essentiellement présent sur Google+.

Google+

Publiée le 24/09/2011 à 08:08

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