Internet à tarif social : « impossible pour Free, SFR, Bouygues »

Tout du moins en zones non dégroupées 107
Alors qu’Éric Besson a officiellement annoncé les prix de l’offre Internet à tarif social que les FAI pourront proposer dans les mois à venir, la grogne commence à monter, notamment du côté des FAI alternatifs. Pointés du doigt : les zones non dégroupées et les tarifs de gros de France Télécom.

Si en zones dégroupées, les FAI alternatifs que sont SFR, Free ou encore Bouygues Télécom peuvent proposer des offres autour de 20/23 € par mois, la chanson n’est pas la même en zones non dégroupées. La seule solution serait une baisse des coûts, et notamment des prix de gros.

France Telecom tarifs

« En zones non dégroupées, rien que sur les coûts FT, produire un abonné avec accès compris, c'est 54 euros de frais d’accès au service » nous rappelle un membre haut placé d’un FAI alternatif. Cette somme se paie une fois et peut donc être répartie sur plusieurs années.

En misant sur une répartition sur 3 ans, soit l’équivalent d’1,5 € par mois, plus « 12,47 € par mois pour la ligne + 3,9 € par mois pour la composante débit pour l'accès + 30 euros par Mbps consommé par l’abonné. Donc hors consommation, c'est 17,87 euros HT » note notre contact, dont les chiffres sont tous vérifiables sur ce document de France Télécom, à partir de la page 80. « On est déjà à marge négative si le truc doit être vendu 20 euros TTC. »

France Telecom tarifs

En somme, dans les zones non dégroupées, hormis Orange, il sera bien difficile aux autres FAI de proposer une offre à 20 € plus 3 € de location pour la box. « Les tarifs de gros publiés cet été en zone non dégroupée coûtent 18 euros HT à produire. C’est juste pas possible pour Free, SFR, Bouygues » nous confie un autre FAI.

Les conditions n'y sont pas

« La structure des tarifs de gros ne permet pas de faire ce tarif partout. On ne peut pas se permettre de ne pas être financièrement sain. (…) On n’est pas en économie dirigée. L'offre sociale d'accord, mais seulement si les conditions le permettent. »

Or sauf baisse des tarifs de gros immédiate, les conditions actuelles ne permettent même pas un équilibre financier. Les FAI pourraient alors être tentés de livrer une box bas de gamme, avec des débits réduits et une qualité de ligne globalement médiocre. Ce qui n’aurait pas vraiment de sens et serait même contre-productif.

Alicebox initial

"L'abonné doit avoir le choix, plutôt que de faire des offres soviétiques"

« Notre perception est claire : le consommateur modeste veut des offres non discriminantes » continue notre autre FAI alternatif. « Il ne veut pas d'un abonnement au rabais, avec une sous-box, au prix d'un parcours client légèrement infamant. On entretient l'exclusion avec des offres aux rabais. L'abonné doit avoir le choix, plutôt que de faire des offres soviétiques. »

Au final, ce forfait internet à tarif social risque d’être proposé dans les zones dégroupées partiellement ou totalement, où il existe déjà des offres concurrentielles équivalentes voire supérieures. Mais dans les zones non dégroupées, où ce type de forfait est bien plus attendu qu'ailleurs, cela risque de coincer.

« Rien dans nos cahiers des charges ne nous obligent à répondre positivement aux demandes économiquement irréalistes des pouvoirs publics » conclut l’un des FAI que nous avons contacté.

Une convention sera proposée aux FAI par Éric Besson le 13 septembre prochain. Nous devrions en apprendre plus d’ici là.
Publiée le 07/09/2011 à 14:52
Nil Sanyas

Journaliste, éditorialiste, créateur des LIDD. Essentiellement présent sur Google+.

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