S'identifier / Créer un compte
  • Actualités
  • Dossiers
  • Tests
  • Commentaires
  • INpactiens
Publicité

L'éditeur anti-Net : "les Français connaissent mal leur vocabulaire"

Mais on connait le moyen d'écouter la radio suisse...

Il y a quelques jours, Jean-Marc Roberts, le président des éditions Stock, a défrayé la chronique en annonçant sur Europe 1 la mort de la vente en ligne des livres et l'importance des libraires :

« Il y a 30 ans, Jérôme Lindon s’est battu pour le prix unique, aujourd’hui je pense qu’il faut se battre pour le lieu unique. (...) Le lieu unique c’est la librairie, c’est pas la vente en ligne. La vente en ligne, moi je crois que c’est ça qui, peu à peu, va détourner le vrai lecteur de son libraire et donc de la littérature. »

Jean-marc roberts editeur stock

Si par ces paroles, vous avez compris que les librairies seront privilégiés par l'éditeur et que les sites internet étaient l'ennemi à abattre, alors vous n'êtes qu'un imbécile. En tout cas selon Roberts...

Ce dernier s'est en effet expliqué par deux fois à ce sujet. La première fois le 19 août dernier dans les colonnes du Figaro : « Je n'ai jamais dit cela. Quand je parlais d'un lieu unique, je voulais dire un lieu singulier, où un libraire vous accueille et vous conseille en vous proposant un large choix. (...) Le piratage, qui a tué le disque et le DVD, va aussi tuer le livre. »

Je ne veux rien interdire

La seconde fois via les ondes de la Radio Suisse Romande (révélé par notre confrère Numérama) : « Les Français, je ne sais pas du côté des Suisses, connaissent mal leur vocabulaire. Un lieu unique, c'est un lieu singulier, à nul autre pareil, qui ne ressemble à rien et qui est différent. Dans l'hypothèse "lieu unique", j'en suis resté à la formule "il est interdit d'interdire", je ne veux rien interdire, je suis contre toute censure. »

Nous avions donc mal compris : l'éditeur anti-Net n'est finalement pas contre Internet. Il est probable que la plupart des gens ne lisent pas assez de livres édités par Stock, d'où leur vocabulaire étriqué. Mea culpa monsieur Roberts, insulter ses potentiels lecteurs est effectivement une riche idée.

Ce passage mis à part, l'éditeur ne souhaite donc pas bannir ses livres du Web. Il explique tout simplement que si les personnes vivant en campagne sont quasi dépendantes des sites internet, ce n'est pas du tout le cas des citadins, qui, « par paresse », préfèrent acheter sur la toile que de se rendre chez le libraire en bas de chez eux.

On a perdu, c'est foutu, c'est fini

Enfin, il rajoute qu'il a surtout peur que sa profession s'éteigne comme celle du disque et peut-être plus tard du cinéma. Il en donne d'ailleurs la raison principale : « Vous savez, le plus important c'est que certains auteurs et certains éditeurs dont je me réclame ne peuvent pas changer leur façon de travailler (...) De toute façon, on a perdu. Faut pas se raconter d'histoire, je ne suis pas con, on a perdu, c'est foutu, c'est fini. Alors l'étape suivante, oui, elle se fera certainement sans moi. »

Si les éditeurs n'évoluent pas, ils tueront effectivement leur profession. Et les libraires avec eux, à l'instar des disquaires qui se comptent désormais sur les doigts de la main...
Nil Sanyas

Journaliste, éditorialiste, créateur des LIDD. Essentiellement présent sur Google+.

Google+

Publiée le 22/08/2011 à 21:08

Soutenez l'indépendance de Next INpact en devenant Premium

  • Tout le contenu de Next INpact sans pub
  • Et bien plus encore...
;