Qui pourrait racheter la division PC du n°1 mondial HP ?

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Outre l’abandon officiel du marché des tablettes et des smartphones, Hewlett-Packard a aussi annoncé avoir étudié la possibilité de quitter le marché des PC. Sa division dédiée à ce secteur est donc à vendre, soit en partie ou intégralement, pour qui ferait une offre intéressante. Il est aussi possible qu’elle se transforme en une société indépendante, mais concentrons-nous pour l’instant sur un possible rachat.

HP Pavilion DV6 AMD LlanoPourquoi vendre une telle division, alors que HP est n°1 mondial depuis son rachat de Compaq il y a près de 10 ans pour la somme astronomique de 25 milliards de dollars ? Le PDG de HP ne s’en cache pas, le but est d’améliorer la valeur de ses actions. Le marché est effectivement très concurrentiel, et HP ne peut réaliser des marges importantes dans ce secteur. Sa marge opérationnelle ne serait ainsi que de 5,7 %, contre 11,3 % pour le groupe dans sa globalité. Les marges réalisées dans les services, les logiciels et les serveurs sont ainsi deux à trois fois supérieures à celle de la division PC.

Ces trois secteurs ont d’ailleurs pris une importance grandissante ces dernières années. Il faut dire que HP a racheté à tour de bras des sociétés très bien placées dans leur secteur respectif. L’acquisition d’EDS pour 13,9 milliards de $ en 2008 lui a ainsi permis de se rapprocher d’IBM dans le secteur des services. Et conjointement à ses annonces au sujet de l’abandon de webOS et de son possible retrait des PC, HP a aussi dévoilé le rachat d’Autonomy Corporation pour un peu plus de 10 milliards de dollars.

L’orientation vers un modèle à la IBM est ici très nette. HP cible désormais principalement les professionnels, et délaisse donc petit à petit le grand public. Ce dernier se contentera des imprimantes HP et de ses onéreuses cartouches d’encre…

Pourquoi pas Samsung ?

Qui peut donc racheter la division PC de HP, qui devrait afficher entre 30 et 40 milliards de $ de chiffre d’affaires cette année ? Au regard de sa position de n°1 mondial, sa valeur est logiquement importante. Elle n’est cependant pas impressionnante, dès lors que les marges sont faibles. Les retours sur investissement espérés d’un tel rachat ne sont donc pas bien élevés.

Selon certains experts, la division PC de HP vaudrait entre 10 et 12 milliards de $. Une somme abordable pour des géants comme Apple, Microsoft ou IBM, mais aussi trop élevé pour ses concurrents directs que sont Dell, Acer, ASUS ou encore Lenovo. Seul Samsung, un acteur mineur du secteur pour le moment, pourrait avoir les reins financiers suffisant pour une telle acquisition.

Après IBM, Lenovo pourrait croquer HP 

Le Chinois Lenovo pour sa part est l’entreprise qui monte ces derniers temps, au point de rattraper Acer et Dell ces derniers mois. Mais son trésor de guerre n’est que de 3,8 milliards de dollars. Deux scénarios s’offrent ainsi à lui : racheter l’intégralité de la division PC de HP et donc s’endetter lourdement, ou n’en racheter qu’une partie.

Après le rachat de la division PC d’IBM il y a 6 ans, celle de HP pourrait ainsi lui tomber entre les mains. Cela aurait une certaine logique, tant les destins d’IBM et HP semblent se suivre.

Un point majeur différencie cependant la situation : la division d’IBM n’avait qu’une influence limitée, et uniquement en Amérique du Nord, or la division de HP est n°1 ou n°2 dans quasiment tous les pays du globe. Le rachat des PC d’IBM n’a ainsi coûté à Lenovo qu’1,25 milliard de dollars. Soit quasiment 10 fois moins que les PC de HP.

Reste que Lenovo n’a jamais caché qu’il comptait devenir un leader mondial grâce à diverses acquisitions. Outre IBM, la société asiatique a tout de même mis la main partiellement sur Medion et Nec, deux sociétés très présentes respectivement en Allemagne et au Japon.

Une partie de HP pour ASUS ou Acer ?

Concernant Acer et ASUS, si racheter l’intégralité de cette division leur est inaccessible, croquer une partie reste une possibilité à étudier. Acer semble cependant vouloir arrêter de vendre des produits à faible marge et aimerait au contraire viser le haut de gamme ou d’autres types de produits comme les smartphones et les tablettes.

Les porte-paroles de Samsung et d’ASUS ont déjà affirmé que leurs sociétés n’étaient pas intéressées. Mais la valeur d’un tel discours est aussi élevée qu’une promesse d’une personnalité politique.
Publiée le 19/08/2011 à 18:01 - Source : Reuters
Nil Sanyas

Journaliste, éditorialiste, créateur des LIDD. Essentiellement présent sur Google+.

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