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Google vs la presse belge : mauvais joueur ou mauvaise partie ?

Gagnant-gagnant, perdant-perdant

Les réactions se poursuivent après le déréférencement de la presse Belge par Google.

Rappelons que les éditeurs belges avaient attaqué Google en 2006 pour copie sans droit de leurs articles via Google News notamment. Les éditeurs se plaignaient que leurs contenus soient ainsi propagés au quatre-vents par Google sans rémunération...

Après plusieurs étapes judiciaires, la firme de Mountain View avait finalement été condamnée en appel le 5 mai 2011 à « retirer des sites Google.be et Google.com, plus particulièrement des liens « en cache » visibles sur « Google Web » et du service « Google News », tous articles, photographies et représentation graphiques des éditeurs belges de presse quotidienne francophone et germanophone ». Un ordre de cessation couplé d'une astreinte de 25 000 euros par jour et par infraction.

google décision news search presse belgique

Depuis le mois de mai, les négociations se poursuivaient entre les éditeurs belges et le moteur. Mais menacé par cette astreinte et peu satisfait du sens des discussions, Google a stoppé vendredi dernier ces échanges. Il a mis en application ce que lui demandait la justice, en adoptant une lecture très poussée de la décision pour nettoyer ses pages News et Search : « pour nous conformer à la récente décision de la Cour, nous sommes en train de retirer les éléments relatifs à Copiepresse de notre indexation. Nous sommes au regret de devoir procéder ainsi ».

Google a cependant étendu ce retrait à d’autres versions du moteur. LeSoir, La Libre Belgique, La Dernière Heure, Sudpresse, et l'Avenir ont du coup disparu de Google.be, .com, mais également de Google.fr ou .it par exemple. Main sur le coeur, Google a sans doute voulu éviter d'autres foyers d'infection, en rappelant à cette presse belge que tout ne peut être négocié lorsqu'on est Googlodépendant...

Samedi, Copiepresse, qui représente ces titres concernés, a estimé que Google a fait « une lecture de l’arrêt du tribunal qui n’est pas de bonne foi. Il s’agit clairement d’une mesure de rétorsion à notre encontre. On pourra nous dire que Google étant une entreprise privée, il référence qui il veut et comme il l’entend. Mais les choses ne sont pas si simples. En Belgique, Google est leader en matière de recherche sur le web. Décider de nous exclure de ses sites, cela s’appelle un abus de position dominante ».

Sur l’Avenir.be, on considère que « Google est mauvais joueur » car « pour justifier la disparition des sites d’infos des journaux francophones, il affirme qu’il ne fait qu’appliquer une décision de justice. Mais la justice ne lui en demandait pas tant ». Pour ces éditeurs, seule la partie « actualité » était concernée. La décision de justice qu’ils avaient réclamée milite pourtant pour la purge de Google Web et Google News...

« Y a-t-il un abus de position dominante de Google ? » se demande aujourd’hui Geeko.lesoir.be. Le site a interviewé Alain Strowel, avocat et professeur de droit, selon qui « Google peut se retrancher derrière deux arguments. D’abord, ils ont une interprétation très littérale de l’arrêt de la cour d’appel. Il y a une petite virgule mal placée qui semble permettre à Google de retirer les journaux de tous ses sites, y compris Google Web, alors même que Copiepresse ne demandait le retrait que de Google News. Et puis il y a l’argument de l’intégration technologique : ce serait impossible de retirer les articles de l’un de ses sites sans les retirer des autres », le juriste estimant cependant qu' « il y a potentiellement un problème de droit de la concurrence ».

Le moteur ne ferme pas toutes les portes à cette presse sous le KO d'un déréférencement. Dans son communiqué (voir chez Zorgloob), la firme assure être prête à « travailler dans le futur avec des membres de Copiepresse. Si nous conservions des contenus dans notre index, nous pourrions être potentiellement redevables d’amendes de 25 000 € par infraction. Nous serions ravis de pouvoir inclure à nouveau Copiepresse s’ils manifestaient leur souhait d’apparaître dans Google Search tout en renonçant aux pénalités potentielles ».
Marc Rees

Journaliste, rédacteur en chef

Google+

Publiée le 18/07/2011 à 11:16

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