Hadopi : 400 000 avertissements, 4500 LR et déjà des récidivistes

Et un rythme toujours lent finalement 129
Selon des données obtenues par PCINpact , le nombre d'avertissements envoyés par courriel aux internautes français par la Hadopi se compte à 400 000 unités désormais. Du côté des LRAR, c'est-à-dire les lettres recommandées avec accusé de réception (la deuxième étape de la riposte graduée), on en compte désormais 4500 (3500 selon Le Figaro). Enfin, quelques dizaines de personnes ont "tenté le diable" (ou n'ont pas bien surveillé leur ligne) en se faisant pincer trois fois. Ces derniers risquent donc une suspension de ligne et/ou une amende de 1500 euros si la loi est appliquée.

Ces chiffres sont à comparer aux anciennes données dont nous disposions, à savoir 70 000 emails envoyés fin 2010 (pour une moyenne de 10 000 par semaine en novembre), et environ 1000 lettres recommandées.

Le rythme d'emails envoyés voulus, à savoir 10 000 par jour, ne semble en tout cas toujours pas atteint. 10 000 courriels par jour représentent en effet 300 000 emails par mois. Avec 400 000 depuis octobre (date de lancement de l'Hadopi), et 330 000 depuis le début de l'année, nous sommes encore bien loin d'un tel rythme : 2000 par jour selon nos calculs (ou 3300 par jour si l'on exclu les week-ends).

Du côté des lettres recommandées, leur nombre pourrait bien croître rapidement. En effet, ces lettres sont actuellement gérées et envoyées manuellement. Un logiciel devrait accélérer la gestion de l'envoi des LRAR d'après le quotidien.

Hadopi Defauts Securisation Dessin

"Ils ne savaient même pas qu'ils fraudaient"

Enfin, concernant les dizaines d'internautes qui ont été pris trois fois, Le Figaro note que « surprise, la plupart des contrevenants épinglés ne savaient même pas qu'ils fraudaient, selon les magistrats de l'Hadopi ».

En effet, « la Commission de protection des droits s'est rendue compte que des fichiers illégaux téléchargés il y a des années devenaient disponibles au partage, dès qu'on lance un logiciel de Peer to Peer. Or, ces logiciels de partage servent bien souvent à diffuser des fichiers légaux, notamment des documents de travail. La plupart des gens pris en troisième «réitération» l'ont été dans ces conditions, parce qu'ils proposaient sans le savoir un fichier dont ils n'avaient pas les droits. »

Au final, aucun téléchargeur "fou" ne s'est donc fait attraper. Seules des personnes qui n'avaient pas conscience de la situation ont été flashées à trois reprise. Ce qui pourrait faire croire que le rôle pédagogique de la Haute autorité fonctionne. Ou que ceux qui téléchargent régulièrement et massivement ont changé de crèmerie...

Résultat, la présidente de l'Hadopi a elle-même avoué que ces dizaines de cas ne seront pas envoyées au juge, et que certains seront écoutés par la Commission de protection des droits. En somme, pour le moment tout du moins, aucune suspension ne sera annoncée.
Publiée le 06/06/2011 à 21:58
Nil Sanyas

Journaliste, éditorialiste, créateur des LIDD. Essentiellement présent sur Google+.

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