Microsoft et RIM partenaires : Bing par défaut sur les BlackBerry

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La recherche sur le web, dans toute sa globalité, représente un gigantesque terrain de bataille. L’accès à l’information, la création des requêtes, la facilité à guider l’utilisateur dans ses choix, la pertinence des résultats sont autant de paramètres cruciaux. Depuis quelques années, les échauffourées ont déplacé légèrement le cœur de la guerre dans un secteur en particulier : la mobilité. Ici, Microsoft cherche clairement à s’installer durablement dans ce domaine. Dernière action en date : la signature d’un accord avec RIM.

bing

Bing par défaut sur les BlackBerry

Récemment, un évènement s’est tenu pour l’ensemble de l’écosystème de RIM : le BlackBerry World. Durant cette conférence, on a pu notamment voir l’annonce du Bold 9900 et de sa déclinaison CDMA 9930. On a également pu voir pour la première fois BlackBerry OS 7.0, qui est en fait une version renommée de l’ex-6.1, comprenant diverses mises à jour et améliorations, dont un nouveau moteur graphique. Mais la conférence a été également été l’occasion d’accueillir un invité que personne n’attendait : Steve Ballmer.

blackberry bold 9900

Le PDG de Microsoft a donc fait une apparition sur scène et son déplacement présageait obligatoirement d’une annonce importante. Ce fut le cas : Microsoft et RIM sont désormais partenaires sur la recherche, ce qui signifie que le moteur Bing sera prochainement présent et utilisé par défaut sur l’ensemble des BlackBerry. Pas moyen bien sûr de toucher à tous ceux déjà en place, mais tous les nouveaux seront configurés de cette manière.

Obligation de s'insérer par la force ?

Il s’agit d’un nouvel accord de taille pour Microsoft. Face au géant Google, tous les moyens sont bons pour parvenir à dévorer des parts de marché. Le moteur de recherche Bing a ses propres qualités, mais il faut différencier deux éléments : l’attrait du produit, et le « forcing » qui entraîne la couverture médiatique et la superposition au regard.

Ainsi, Bing dispose de son site officiel et est bien entendu intégré dans Windows Phone 7. De même, des applications pour iPhone et iPad existent, et cette dernière a reçu d’ailleurs des critiques particulièrement positives. Mais il y a un problème : le site, Windows Phone 7 et ces applications dépendent tous de démarches volontaires. Et Microsoft, pour s’imposer, sécurise donc sa position avec d’autres types d’actions.

Microsoft enchaîne les partenariats

Ces actions, on peut les voir régulièrement via les accords sur lesquels l’éditeur cherche clairement à braquer le feu des projecteurs. L’exemple de Yahoo! est particulièrement symptomatique : la firme choisit un partenaire détenant une audience très réelle, puis y place son moteur de recherche. Pour l’utilisateur, la modification est plus ou moins transparence, mais le résultat est que la part de marché de Bing augmente.

Même chose avec le retentissant accord conclu en février avec Nokia. Le constructeur finlandais se « débarrasse » de tous ses produits actuels pour se focaliser sur une nouvelle ligne complète de smartphones sous Windows Phone 7. Mais tous les nouveaux Nokia, même sous Symbian, sont vendus désormais avec Bing comme moteur par défaut.

L’accord avec RIM est donc un nouvel exemple de la stratégie de conquête de Microsoft. Cela ne garantit pas le succès en dernier lieu, mais l’augmentation des parts de marché se fait quand même. Malheureusement, cela se fait au détriment d’un acteur dans la chaine : l’utilisateur. Dans le cas de RIM par exemple, c’est bien Google qui est en place actuellement. Ce changement s’impose donc, et le client n’a guère le choix.

Il serait par ailleurs intéressant de connaître les détails de cet accord. Dans le cas de Nokia, on sait par exemple que Microsoft a versé environ un milliard de dollars pour que l’accord se fasse, et cela concernait pleinement la mise en place de Bing par défaut dans les smartphones. Un accord similaire a-t-il été conclu avec RIM ? Il y a des chances, car le constructeur n’a pas un gain direct ici, en dehors de celui de « faire plaisir » à Microsoft. Puisqu’il s’agit d’utiliser le produit d’un tiers, ce dernier doit monnayer ce service d’une manière ou d’une autre.

Peu de détails ont filtré, et il n’est pas dit que l’on connaisse un jour les rouages de cet accord.
 
Publiée le 04/05/2011 à 10:32 - Source : Multiple
Vincent Hermann

Rédacteur/journaliste spécialisé dans le logiciel et en particulier les systèmes d'exploitation. Ne se déplace jamais sans son épée.

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