Samsung contre-attaque Apple : l'état des lieux

Petits règlements de comptes entre amis 65
On apprenait la semaine dernière qu’Apple avait déposé plainte contre Samsung. La raison invoquée était simple : avec la ligne de smartphones et tablettes Galaxy, le constructeur avait copié l’iPhone et l’iPod. La réponse de Samsung n’a pas tardé à venir, sous forme d’une plainte en contre-attaque.

galaxy iphone

Apple accuse Samsung d’avoir copié

La firme de Cupertino n’y allait pas quatre chemins : « Au lieu d'innover, de développer ses propres technologies et un style unique "Samsung" pour ses smartphones et tablettes, Samsung a choisi de copier les technologies d'Apple, que ce soit en matière d'interface utilisateur ou de style [...] » insistait la plainte. La porte-parole Kristin Huguet avait également ajouté : « Ce n’est pas une coïncidence si les derniers produits de Samsung ressemblent beaucoup à l’iPhone et à l’iPad, de la forme du matériel à l’interface utilisateur, et même sur l’emballage. Ce genre de copie flagrante est mauvais, et nous devons protéger la propriété intellectuelle d’Apple quand des sociétés volent nos idées. »

Le jour même, Samsung avait réagi : « Bien qu’Apple soit notre client, il s’agit aussi d’un rival dans le marché mobile. Puisqu’ils nous attaquent, entamer une démarche légale est inévitable. Nous réfléchissons actuellement à une contre-plainte. »

Nous nous interrogions alors sur le devenir de cette bataille. En effet, Apple est l’un des plus gros clients de Samsung, avec un total de 5,7 milliards de dollars de contrats pour différents composants, notamment des processeurs et des écrans LCD. En outre, on imagine mal Apple se détourner de son partenaire pour chercher de nouvelles sources d’approvisionnement, car la négociation des contrats prend du temps, et tous les constructeurs ne sont pas nécessairement capables de suivre la cadence imposée par les ventes d’ordinateurs et appareils Apple.

Samsung contre-attaque

Dans un communiqué de presse, la firme donne très clairement le ton : « Samsung répond vivement à la procédure judiciaire lancée contre nous, afin de protéger notre propriété intellectuelle et de garantir la poursuite de notre innovation et de notre croissance dans le secteur de la communication mobile. »

Et quelle est cette « réponse vive » ? Une plainte pour violation de brevets bien sûr.

Les deux objets du « délit », à savoir l’iPhone et l’iPad, violeraient pas moins de dix brevets, portant sur des secteurs aussi divers que la réduction de consommation énergétique lors des transferts de données, la réduction des erreurs lors des transmissions 3G et plus globalement les communications sans fil. Et les demandes de Samsung sont plus que directes : que la production de l’iPhone et de l’iPad cesse, et qu’une compensation pécuniaire soit décidée.

La plainte de Samsung a été déposée dans plusieurs pays, dont la Corée du Sud, le Japon et l’Allemagne. Pour autant, et bien que les reproches paraissent sérieux, il y a de fortes chances pour que ces échanges de politesses se terminent par un règlement à l’amiable. Apple pourrait utiliser sa plainte pour imposer un coût à l’utilisation d’Android via les frais de justice, ou pour renégocier certains contrats. De son côté, Samsung pourrait tout aussi bien se servir de ses brevets pour se défendre et laisser les choses en l’état.

Les exemples de procès autour des brevets sont légion. De nombreuses sociétés disposent d’immenses arsenaux techniques, mais la guerre dans ce domaine ressemble à l’utilisation faite aujourd’hui de l’arme nucléaire : la dissuasion. Certaines firmes, telles qu’IBM, disposent de gigantesques réservoirs de brevets et attaquent très rarement, chacun restant le plus souvent retranché dans sa forteresse. Mais, régulièrement, les brevets sont utilisés pour obtenir un avantage stratégique pour affaiblir ou « tuer » un adversaire, ou agiter un danger en vue de renégocier certains contrats. Malheureusement, comme l’exemple de SCO le montre très bien, ce type de manœuvre peut se retourner contre l’attaquant.
Publiée le 26/04/2011 à 17:26
Vincent Hermann

Rédacteur/journaliste spécialisé dans le logiciel et en particulier les systèmes d'exploitation. Ne se déplace jamais sans son épée.

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