Steve Jobs réagit au tracking d'iOS : « Nous ne suivons personne »

Cela n'empêchera pas les enquêtes 140
La semaine dernière, une polémique a éclaté au sujet de certaines données géographiques que gardait en réserve l’iPhone. Plutôt qu’un suivi précis de l’utilisateur, il s’est avéré qu’iOS, depuis la version 4.0, possède un fichier cache gardant en mémoire les positions des antennes GSM. Une « révélation » qui en a entraîné une autre puisque les téléphones Android procèdent de même (mais dans des proportions moindres). Interrogé par un utilisateur à ce sujet, Steve Jobs a répondu.

tracking iphone

Un Steve Jobs très concis

Une réponse courte, mais directe. Les informations sont transmises par MacRumors, qui explique qu’un de ses lecteurs a envoyé un courrier électronique au PDG d’Apple pour avoir une réponse claire aux inquiétudes.

Voici donc le texte envoyé :

« Steve,

Pourriez-vous s’il-vous-plaît m’expliquer la nécessité de l’outil de tracking géographique passif intégré dans mon iPhone ? Il est un peu énervant de savoir que ma position exacte est enregistrée en permanence. Vous pourriez peut-être m’éclairer sur ce sujet avant que je change de téléphone pour un Droid [Android, ndlr]. Ils ne me suivent pas. »

Et la réponse de Steve Jobs :

« Oh si ils le font. Nous ne suivons personne. L’information qui circule est fausse.

Envoyé depuis mon iPhone »

Comme toutes les réponses directes de Steve Jobs par email, celle-ci est particulièrement brève et concise. Son problème principal est que si Jobs pose bien un démenti formel, il ne donne en revanche pas le moindre argument ou la plus petite explication.

Le tracking fonctionne aussi quand le GPS est coupé

Plus récemment, d’autres informations ont été trouvées. Le Wall Street Journal, déjà très prolixe sur ces évènements, a mené plusieurs expériences, et a ainsi découvert que la base de données se construit quand le service de géolocalisation est désactivé. La fameuse base « consolidated.db » ne devrait en effet se remplir avec les positions des antennes GSM, puisque ces dernières sont utilisées pour fournir une position approximative de l’utilisateur et accélérer la reconnaissance GPS. Le WSJ a pourtant remarqué que la base continuait à intégrer automatiquement les positions des antennes.

Les deux plus gros soucis d’Apple dans cette histoire sont relatifs à la sécurité. Premièrement, la base de données n’est pas chiffrée, et les informations y sont donc stockées en clair. Deuxièmement, cette base est copiée sur le disque dur de l’ordinateur où iTunes réalise les sauvegardes de l’appareil (y compris l’iPad 3G). Enfin, aucune question n’est posée à l’utilisateur. Et c’est bien ici que tout semble coincer le plus.

Des enquêtes multiples sur le point d'éclater

La Corée du Sud enquête actuellement sur le cas de l’iPhone pour savoir si cet enregistrement « silencieux » n’enfreint pas la loi. En France, la CNIL veut également jeter un œil à cette fameuse base de données, et des enquêtes similaires prennent naissance ailleurs en Europe, notamment en Italie et en Allemagne. Et aux États-Unis ? C’est le Sénat qui s’intéresse à cette histoire.

On se souvient que le sénateur américain démocrate Al Franken avait posé une liste de questions à Apple. Ces demandes ont provoqué la mise en place d’une requête officielle demandant à Apple de se présenter au Sénat le 10 mai en vue d’expliquer les raisons de ce traçage. Mais on notera que la firme de Cupertino ne sera pas la seule à venir ce jour-là : Google sera également présente.
Publiée le 26/04/2011 à 16:38 - Source : Multiple
Vincent Hermann

Rédacteur/journaliste spécialisé dans le logiciel et en particulier les systèmes d'exploitation. Ne se déplace jamais sans son épée.

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