Le décret LCEN officiellement attaqué, l’ombre des mots de passe

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Nous venons de l’apprendre : c’est aujourd’hui que l’ASIC a déposé son recours en annulation du récent décret LCEN devant le Conseil d’État. le dossier au Conseil d’État sera complété ces jours-ci en fonction des autres couacs juridiques découverts par les juristes de l’ASIC.

ASIC

Le décret en question est celui qui liste toutes les données que doivent conserver les intermédiaires techniques. Or, ce texte qui impacte la vie de la société de l’information n’a pas été notifié à Bruxelles comme l’exige pourtant le droit européen. Deuxième bug, les intermédiaires sont désormais obligés de conserver les mots de passe afin de les transmettre aux autorités selon les besoins d’une enquête.

L’ASIC estime que cette conservation va bien trop loin : le mot de passe n’est pas une donnée qui va permettre d’identifier tel internaute, comme peut le faire une adresse IP. Le mot de passe est simplement attaché à un compte.

Les mots de passe en clair ?

La mesure par sa simplicité recèle cependant des conséquences importantes : comme nous le souligne Benoit Tabaka de l’ASIC, à partir du moment où on doit communiquer le mot de passe, on doit logiquement le stocker en clair. Et ceci concerne toutes les plateformes en ligne. 

Derrière cette mesure sont visés les internautes qui ont des mots de passe atypiques. Et ? Au travers d'une réquisition chez un hébergeur, les policiers veulent pouvoir faire du recoupement sur du mot de passe « atypique », nous confie-t-on. Outre le problème de conservation, il y a un autre danger : celui des internautes qui utilisent les services «Single account». Or, une fois qu’un policier dispose du mot de passe du compte, il entre certes sur le blog objet de l'enquête mais peut aussi entrer sur le compte mail, Docs, Checkout, etc.
Publiée le 08/04/2011 à 11:24
Marc Rees

Journaliste, rédacteur en chef

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