GPL : pour Torvalds, les accusations contre Google sont "bidons"

Mountain View immaculée 66
Android LogoDans une récente actualité, nous indiquions que Google aurait pu contourner la GPL afin de se débarrasser d’une licence potentiellement gênante dans Android. Cet avis était celui de Florian Mueller, du blog Foss Patents. Or, des propos de Richard Stallman abordaient dès 2003 un cas similaire pour infirmer le cas de copyleft. Linus Torvalds, interrogé directement sur le cas de Google, a répondu dans la même veine avec sa franchise habituelle.

Commençons donc par Stallman, dont on rappelle qu’il est président de la Free Software Foundation. Dans un message de 2003 où il abordait un cas similaire à celui de Google, il indiquait :

« Quelqu’un a récemment affirmé qu’inclure un fichier en-tête créait toujours un travail dérivé. [NDLR : propagation de la GPL par copyleft]

Ce n’est pas l’opinion de la FSF. Notre avis est que la simple utilisation de définitions, de typedefs, de constantes d’énumération, de macros à corps simples, etc, n’est PAS assez pour créer un travail dérivé. Il faudrait une quantité substantielle de code pour en arriver là.
»

Richard Stallman est l’un des pères de la GPL, avec l’avocat Eben Moglen.

Pour Torvalds, des accusations "bidons"

L’avis exprimé a beau dater, il a un poids certain. Tout comme celui de Linus Torvalds, père du noyau Linux, cette fois au sujet des accusations directes contre Google :

« Cela semble complètement bidon. Nous avons toujours indiqué clairement que l’utilisation des interfaces d’appel du système kernel ne résultait, en aucun cas, en un travail dérivé, conformément à la GPL, et que les détails du kernel sont aussi exportés via les en-têtes vers toutes les interfaces glibc normales.

Les en-têtes kernel contiennent des définitions variées pour les interfaces de l’espace utilisateur, et nous essayons même activement de s’assurer que les en-têtes puissent être utilisés par l’espace utilisateur (en essayant également de marquer ceux des en-têtes qui peuvent être utilisés de cette manière). Précisément car nous savons que l’espace utilisateur a besoin de ces détails pour interagir avec le kernel
. »

Et dans le genre d’élan dont il est capable, le développeur ajoute : « S’il s’agit d’un cri désespéré de certains pour attirer l’attention, je souhaite simplement qu’ils publient une sex tape ou autre, plutôt que de traîner le kernel Linux dans leur monde sordide ».

Google paraît hors de cause

Les avis tranchés des deux symboles du logiciel libre vont dans une seule direction : Google ne fait rien de mal. Mais la situation reste floue, car dans l’article d’ITWorld, Linus Torvalds indique n’avoir pas regardé ce qu’a fait Google dans le détail. En outre, les problèmes soulevés par Florian Mueller ne touchaient pas que les en-têtes du kernel Linux, mais également ceux de la pile Bluetooth et du système de fichiers Ext4. De plus, les inquiétudes de Mueller sont également celles de Edward Naughton, avocat spécialiste de la propriété intellectuelle. Mais les deux auteurs sont très clairement pointés du doigt pour leur analyse, notamment par le site spécialisé Groklaw

Reste à voir maintenant comment va évoluer la situation. Si Google n'a a priori plus de quoi s'inquiéter en ce qui concerne les débats publics sur le sujet, la plainte d'Oracle est toujours là, ainsi que celle, beaucoup plus récente, de Microsoft envers Barnes & Noble, pour la liseuse Nook qui utilise Android.
Publiée le 22/03/2011 à 15:57
Vincent Hermann

Rédacteur/journaliste spécialisé dans le logiciel et en particulier les systèmes d'exploitation. Ne se déplace jamais sans son épée.

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