Street View sanctionné, Google s'explique, la CNIL éclaire

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Peter Fleischer, directeur ‘Protection des données personnelles’ chez Google nous a transmis sa réaction officielle suite à la publication de nos actualités relatives à l’amende de 100 000 euros prononcée par la CNIL : "Comme nous l’avons déjà dit, nous sommes profondément désolés d’avoir collecté par erreur des données circulant sur des réseaux WiFi non sécurisés. Dès que nous avons compris ce qui se passait, nous avons arrêté nos voitures Street View et en avons immédiatement informé les autorités françaises. Notre objectif a toujours été de détruire ces données et nous sommes contents que la CNIL nous en ait donné l’autorisation."

kismet
Capture issue de kismetwireless.net

Google admet une nouvelle fois avoir collecté des données de contenus au fil des pérégrinations des Google Cars. Dans la délibération de la CNIL, on en sait un peu plus sur cette "erreur" : Google a développé et utilisé un logiciel nommé gSlite en 2006.

Ce logiciel utilise un programme de détection et de captation de données de contenu sans fil, dénommé Kismet qui permet de capter et enregistrer l’ensemble des données Wi-Fi à sa portée » (données de contenu chiffrées ou non, données de contrôle et données de gestion). gSlite se charge alors d’ajouter les coordonnées GPS à ces données captées afin d’en assurer la géolocalisation. Problème, et là est l’erreur de Google : "gSlite a été développé de manière à collecter et à conserver par défaut les données de contenus non chiffrées, les données de contrôle et les données de gestion". Or, le moteur n’avait pas modifié ces paramètres par défaut, conduisant ainsi les Google Car à se transformer en véritable aspirateur à vie privée via les réseaux Wi-Fi à sa portée.

google car grenoble

Dans la délibération de la CNIL, les échanges avec le moteur n’ont pas atteint un parfait niveau de transparence puisqu’on peut lire qu’à ce jour Google n’a communiqué que des bouts du code source initial et n’a transmis « aucun élément, même partiel, du code source du nouveau logiciel de collecte visé par [notre] mise en demeure. » Depuis,  Google aurait retiré la partie Wi-Fi de ses 22 véhicules circulant en France ainsi que la couche logicielle gSlite
Publiée le 21/03/2011 à 19:33
Marc Rees

Journaliste, rédacteur en chef

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