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Apple refuse l'application Sony Reader et ses ebooks

30 % sinon rien

Apple risque de faire beaucoup parler d’elle dans les mois à venir, à cause d’un changement intervenu dans les conditions de publication des applications il y a quelques mois, mais qui n’était pas appliqué de manière systématique. Cette modification concerne les achats de type In-App, autrement dit le fait d’acheter du contenu dans une application déjà existante. Or, cela touche toutes les formules basées sur ce principe, notamment les boutiques de livres électroniques. Pour la première fois, le couperet d’Apple vient de tomber : sur Sony.

ipad

L’application Sony Reader vient donc d’être refusée par Apple au motif qu’elle va se servir dans une autre source de contenu que l’App Store. Dans les conditions de l’App Store, l’article 11.2 précise :

« Les applications qui utilisent un système autre que l'API In App Purchase (IAP) pour acheter du contenu, des fonctionnalités ou des services à l'intérieur de ces applications seront rejetées »

Dans la pratique, le rejet n’avait rien de systématique. Mais pourquoi forcerait-elle le stockage des données sur l’App Store ? Tout simplement parce que de la même façon que la société touche 30 % sur la vente des applications, elle touche également 30 % sur le contenu In-App. En d’autres termes, si Sony décide de placer l’ensemble de ses ebooks sur l’App Store pour que son application puisse être acceptée, Apple percevra presque un tiers du chiffre généré par les ventes de livres.

Cela vient frapper violemment les boutiques en ligne qui ne sont pas fixées sur un support particulier. Amazon par exemple vend des livres électroniques pour son Kindle, mais l’ensemble de l’offre Kindle est accessible sur de nombreux supports, y compris iOS, Android et Windows Phone 7. Amazon, interrogée par le New York Times sur le sujet, a refusé de répondre. Mais pas Steve Haber, qui préside la division lecture numérique chez Sony :

« C’est à l’opposé de ce que nous voulons apporter au marché. Nous avons toujours voulu apporter le contenu à un maximum d’appareils, pas un seul appareil à une boutique. »

La situation garde une part de floue dans la mesure où le blocage des applications recourant à du contenu tiers ne devrait en théorie pas intervenir avant le 30 juin prochain, dont dans cinq mois. Le GESTE (Groupement des Editeurs de Services en Ligne) dénonce cette situation :

« D’après la dernière version de l’article 11.2 que s’est procurée le service juridique du GESTE, toutes les applications utilisant une solution de paiement tierce (à l’acte ou par abonnement) seraient refusées (ou abandonnées pour celles déjà acceptées) et ce, à compter du 30 juin prochain. Derrière cette mesure drastique, se dessine la volonté d’Apple d’imposer son prochain système d’abonnement via son API de facturation In App Purchase »

Le GESTE souligne évidemment les 30 % du chiffre généré reversés à Apple, participant à la baisse de rentabilité de l’offre numérique, moins rémunératrice que la presse papier. Est en outre pointée du doigt l’impossible « créer des abonnements numériques multi-plateformes, contraignant l’éditeur à adapter ses offres aux exigences d’Apple plutôt qu’aux attentes des clients finaux ». Enfin, les achats de contenu transitant par Apple, les abonnés payent la société de Cupertino, et non directement les éditeurs, coupant le lien entre le créateur de contenu et sa base de clients.

Le GESTE accuse Apple de profiter d’une situation de monopole, l’iPad « représentant actuellement 80 % du marché des tablettes ». Avant d’ajouter que les « membres du Geste se félicitent donc d’une possible enquête des autorités de la concurrence sur ces pratiques et ne manqueront pas d’y contribuer utilement ».

Il est évident désormais qu’Apple cherche à rentabiliser la puissance de sa plateforme sur le marché. L’ubiquité d’iOS rend le système incontournable, entraînant avec lui l’omniprésence de l’App Store et le potentiel commercial qui l’accompagne. Après tout, pourquoi s’ennuyer à être le premier dans un domaine si l’on peut être l’intermédiaire universel qui chamboule les marchés ? L’un offre de bien meilleures garanties financières que l’autre.
Vincent Hermann

Rédacteur/journaliste spécialisé dans le logiciel et en particulier les systèmes d'exploitation. Ne se déplace jamais sans son épée.

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Publiée le 01/02/2011 à 17:14

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