L’Égypte coupe Internet suite aux manifestations

La puissance du contrôle des moyens de communication 226
La situation en Égypte est visiblement en train de basculer après que la Tunisie a lancé un signal à travers l’Afrique du Nord. Des manifestations éclatent un peu partout et, c’est un réflexe désormais, les informations, les photos et les vidéos circulent très librement via Internet. Du moins jusqu’à ce qu’Internet finisse par être coupé dans tout le pays.

Des dizaines de milliers de personnes dans les rues pour manifester contre le pouvoir en place : le président Hosni Mubarak est au pouvoir depuis 30 ans, et la révolte tunisienne fait des émules. Plus rien aujourd’hui (ou presque) ne se passe sans que des évènements finissent sur YouTube, Twitter, Facebook et autres, et les manifestations égyptiennes ne font pas exception :


Puisque ces manifestations durent depuis plusieurs jours, les autorités ont décidé de durcir la réponse. Tandis que la sécurité se renforce et que les affrontements deviennent plus violents, le gouvernement a demandé que soit purement et simplement coupé Internet. Le Guardian révèle ainsi que 88 % au moins de l’Internet égyptien est actuellement coupé, un chiffre donné par la société BGPmon qui vérifie la connectivité générale des pays et des réseaux.

Les réseaux sociaux sont coupés pour la plupart. Facebook et Twitter n’y fonctionnent ainsi plus, le gouvernement appliquant une censure sévère sur l’ensemble des médias et des outils de communication. Pourtant, tous les accès Internet ne sont pas coupés pour autant, et les manifestants demandent aux habitants des villes d’ouvrir leurs réseaux Wi-Fi pour que l’information puisse continuer à circuler.

Ce black-out des médias a empêché d’ailleurs la presse internationale de diffuser des images de la situation dans le pays, tandis que le blocage d’Internet a largement participé à la réduction du débit des nouvelles. Pourtant, comme le montre la très longue page consacrée au sujet sur le site Reflets.info, il existe des méthodes pour contourner certains blocages, notamment pour Twitter. Concernant ce dernier, et si le sujet vous intéresse, le hashtag de suivi pour les évènements égyptiens est #Jan25 (la date de début des manifestations).

Tandis que même Google et le service Blackberry ont été bloqués, c’est finalement encore Twitter qui diffuse le mieux les informations. Un seul coup d’œil permet de voir rapidement que les Nations-Unies demandent à l’Egypte de respecter le droit à l’information et au regroupement, que le Caire aurait été complètement fermée, que le président Mubarak et sa famille auraient quitté le territoire, etc.

Une chose est certaine : si l’exemple de la Chine n’était pas suffisant, les manifestations égyptiennes prouvent une nouvelle fois que le contrôle d’Internet est devenu un maillon essentiel du contrôle général de l’information. On soulignera également le parallèle entre ce blocage général et la transparence absolue de Wikileaks : les internautes se retrouvent parfois simplement ballotés entre deux extrêmes.
Publiée le 28/01/2011 à 11:17 - Source : Multiple
Vincent Hermann

Rédacteur/journaliste spécialisé dans le logiciel et en particulier les systèmes d'exploitation. Ne se déplace jamais sans son épée.

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