L'Hadopi s'attribue 1,47 million d'euros pour le label offre légale

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1 470 000 euros. Voilà la somme qu’a votée la Hadopi pour couvrir la labellisation de l’offre légale. La somme est répartie ainsi ; 620 000 euros pour la mise en place du portail de l’offre l’égale et 850 000 euros pour le simple lancement du label « offre légale ». Une somme importante, mais un pari qui ne l’est pas moins pour Hadopi.

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Ces 1,47 million d’euros permettent d’éclairer un peu mieux l’étude publiée dimanche par la Haute autorité, en plein MIDEM. Ou d'illustrer la démultiplication des « parachutes (crédits d’impôts, subventions, cartes jeune, taxes, etc.) confectionnés année après année par les gouvernements successifs, aux frais du contribuable », dénoncée par l'UFC Que Choisir.

La confusion des internautes

Dans un sondage, la Hadopi a mis en lumière qu’un français sur deux (49%) s’adonnait au piratage. Elle mettait également en avant que de trop nombreux internautes n’avaient pas une perception claire des offres. Il y aurait une « incompréhension, manque de distinction entre l'offre légale et l'offre illégale, confusion entre ce qui est légal et ce qui est payant selon les profils », et l’Hadopi de souligner que « les meilleures garanties de légalité sont charte, notoriété et labellisation. »

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1,47 million pour un label

L’étude de dimanche peut sembler catastrophique en guise de bilan d’étape. Elle a la saveur du constat d'échec, de la liquidation annoncée, de la mort assurée. En réalité, elle permet surtout à l’Hadopi de justifier un peu plus de son utilité, de sa légitimité. Et de s’attribuer 1,47 million d’euros pour accoler un simple sceau de confiance sur l’offre iTunes, Fnac Music ou autre.

Identifier clairement l'offre légale

Dans l’accompagnement de sa mission sur ce chapitre (le marché et sa prolongation), la Hadopi rappelait ainsi que le label « a pour objectif de permettre au grand public d’identifier clairement et rapidement le caractère légal des offres en ligne de contenus protégés par un droit de propriété intellectuelle ». Rappelons encore que selon l’appel d’offres encerclant la labellisation de l’offre légale, il est prévu que la plateforme ne fasse qu’une simple déclaration sur l'honneur « selon laquelle l'ensemble des œuvres composant [son] offre est et sera proposée avec l'autorisation des titulaires des droits. »

Alimenter "les logiciels de sécurisation"

En arrière-boutique, l’intérêt dépasse largement le simple label de confiance. Ce sceau aura une fonction vitale pour le futur logiciel de sécurisation (lui-même labellisé par l’Hadopi) : il permettra d’alimenter une liste blanche des sites sur lesquels l’abonné sera incité à acheter/consommer de la musique à pleine dent, comme le souhaite Pascal Nègre. Et plus cette liste blanche sera fournie, plus, croit-on, l’abonné sera conduit à ne pas « consulter » les autres pans du web.

En somme, plus qu'un constat d'échec, l'étude de dimanche et le vote de ces centaines de milliers d'euros permettent surtout à l'Hadopi de poursuivre sa petite fonction civilisatrice...
Publiée le 25/01/2011 à 09:48
Marc Rees

Journaliste, rédacteur en chef

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