Ballmer : 9 copies de Windows sur 10 en Chine sont piratées

Ça alors ! 134
Le phénomène du piratage en Chine n’est pas une nouveauté. Mais Microsoft s’y intéresse de près, notamment pour des questions financières bien sûr, mais aussi pour des questions de sécurité. Steve Ballmer, PDG de la société, a pu aborder récemment le sujet avec d’importantes personnalités, dont les présidents américain et chinois, Barack Obama et Hu Jintao.

Windows XP

La situation en Chine est la suivante : 9 copies de Windows sur 10 sont des versions pirates. Et pire que ça : une grande majorité sont des Windows XP avec Internet Explorer 6, dont les mises à jour sont coupées. Pourquoi une telle coupure, et pourquoi une vieille mouture de Windows ? Tout simplement pour bloquer la route aux contre-mesures lancées par la suite par Microsoft, en particulier à partir de Vista et avec le système WGA (Windows Genuine Advantage).

Ainsi, 84 % des utilisateurs chinois utilisent Windows XP, ce qui reste un score remarquable de bien des manières. Sur ce fort pourcentage, la moitié utilise Internet Explorer 6. Or, sans les multiples mises à jour qui ont suivi, le couple est une véritable passoire : depuis dix ans, de très nombreuses failles ont été trouvées, et sans les correctifs, ce sont autant de portes d’entrées pour les pirates qui ont automatisé la recherche de machines vulnérables depuis longtemps.

Les aspects financier et sécurité sont entremêlés très étroitement dans un cas de figure très particulier. Quand on peut acheter une copie de Windows XP pour environ un dollar, qui irait risquer une version plus récente qui ne garantit plus le fonctionnement des mesures de contournement ? Rien, ni dans Vista, ni dans Windows 7, ne permet une protection parfaite. Mais les méthodes ne sont plus forcément aussi simple, alors que dans le cas de Windows XP, le piratage est une immense industrie.

Conséquence : la situation stagne. L’écosystème n’évolue pas, ce qui laisse une base immensément large dont les fondations sont en support étendu, Microsoft ne corrigeant plus que les failles critiques. Il n’y a donc pas de rentrées d’argent via des systèmes et logiciels plus récents, tandis que les mêmes failles sont toujours exploitées depuis des années.

Le contenu exact de la réunion est resté secret, et on ignore évidemment ce que le président Jintao a répondu face à une situation qui, si elle veut être corrigée, va requérir d’importants moyens.
Publiée le 24/01/2011 à 18:06 - Source : Network World
Vincent Hermann

Rédacteur/journaliste spécialisé dans le logiciel et en particulier les systèmes d'exploitation. Ne se déplace jamais sans son épée.

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