HADOPI envisage de surveiller le trafic pour mesurer le streaming

Et justifier quoi, ensuite ? 152
Hier, lors de la conférence en comité restreint à la SACD, Éric Walter a été interrogé sur l’éventuelle migration des internautes vers le streaming. Hadopi qui ne s’intéresse qu’au P2P, provoquerait ainsi des modifications des habitudes de consommation des fichiers en ligne.

eric walter SACD pascal rogard
Pascal Rogard, Eric Walter, et au-dessus, Beaumarchais


« Tellement logique, tellement évident »

« Pour l’instant, ce qui se dit c’est qu’il y a une migration. Est-ce qu’on l’a constaté ? Non, a soutenu le secrétaire général de la Hadopi. Dire qu’il y a une migration, ne veut pas dire qu’il y a un effet Hadopi chez le téléchargeur illégal. Cela veut dire en revanche, et cela remonte avant Hadopi, c’est tellement logique, tellement évident, qu’il y a de plus en plus de solutions technologiques pour échanger, accéder à des données. Et parmi ces données, il y a le streaming, le direct download. Et que de toute façon ces solutions technologiques qui sont neutres sont utilisées à bon escient, à mauvais escient ».

Observer anonymement les flux

La Hadopi veut toutefois en savoir plus. Si elle reconnaît que « nous n’avons pas de chiffre en ce moment, son porte-parole a glissé hier soir « nous sommes en train de travailler sur la mise en place d’une observation totalement anonymisée pour avoir des données quantitatives pour savoir ce qu'il se passe sur les réseaux. »

Walter a tenu à rassurer : si ce système d’observation et de surveillance des pratiques est mis en place, il exigera un passage préalable devant la CNIL.

Reste à savoir quelles mesures de régulation envisagera la Hadopi selon les résultats de cette fine observation.
Publiée le 15/12/2010 à 11:57
Marc Rees

Journaliste, rédacteur en chef

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