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Spécifications Java : la fondation Apache démissionne du comité

Une menace conduite jusqu'au bout

java logoOn sait depuis un moment que la situation entre la fondation Apache et Oracle est tendue. Ce dernier, depuis le rachat de Sun pour 7,4 milliards de dollars, a procédé à une série de décisions impopulaires, en particulier dans le domaine de l’open source. Après notamment un brouillage de la communication avec une partie des développeurs d’OpenOffice.org et la dissolution de la communauté OpenSolaris, le destin de Java était en train de se jouer pendant que la fondation Apache faisait valoir son point de vue. Peine perdue.

La situation était devenue complexe. Depuis le rachat de Sun, Oracle avait défini le futur de Java selon son propre point de vue. Mais le destin de cette technologie n’obéit pas directement à Oracle, du moins en théorie : c’est le comité directeur du Java Community Process qui en décide. La fondation Apache, qui développe l’implémentation libre Harmony, n’avait de cesse de critiquer Oracle pour son refus d’accorder une licence officielle qui aurait fait de ce projet une version officielle. De plus, elle accusait en outre la firme de justifier secrètement son refus par la mise en avant de l’implémentation libre maison : OpenJDK.

Quand il est devenu manifeste qu’Oracle n’accorderait jamais de licence officielle, la fondation Apache a menacé de quitter le comité directeur, dont elle fait partie, si les spécifications des versions 7 et 8 de Java étaient votées en l’état. L’état en question est tout simplement la suite de spécifications présentées par Oracle. Échec de la fondation : le vote a entériné la prise de pouvoir d’Oracle, puisque douze des quinze membres du comité ont accepté.

La fondation Apache a en conséquence mis en pratique sa menace : elle a quitté le comité directeur :

« Le vote récent de Java SE 7 était la dernière chance pour le comité directeur du JCP de prouver qu’il avait l’intention de défendre le JCP en tant que processus ouvert et de démontrer que la loi importe, au pied de la lettre comme par l’esprit. Pour résumer les problèmes en jeu dans le vote, nous pensons que tout en continuant à échouer à tenir ses responsabilités vis-à-vis du JSPA (Java Specification Participation Agreement, Ndlr), Oracle a envoyé au comité directeur une requête pour les spécifications et la licence de Java SE7, qui sont contradictoires, limitent sévèrement la distribution des implémentations indépendantes et, le plus important, interdisent la distribution des implémentations open source des spécifications. Oracle a refusé de répondre à toutes les questions raisonnables et responsables du comité directeur à l’égard de ces problèmes. »

Le comité a donc posé des questions, mais il a très nettement marqué sa préférence. Douze membres sur quinze ont ainsi accepté les nouvelles spécifications et licence. Sur ce groupe, la moitié a accepté sans émettre la moindre réserve : Oracle (évidemment), HP, Ericsson, Fujitsu, VMware et Intel.

Les propos de Jim Jagielski, président de la fondation Apache, recueillis par eWeek, témoignent de la pensée profonde de l’ancien membre du comité : « Qu'Oracle continue de violer et de ne pas honorer les clauses de la JSPA, qui est pourtant un fondement de la JCP, n’est pas nouveau. Ce qui est nouveau en revanche, c'est que le comité exécutif, par son vote, a autorisé Oracle à le faire ».

Le départ de la fondation Apache ne se fait pas seul. En effet, les trois membres à avoir voté par la négative quittent tous le comité directeur. Suivent donc Doug Lea et Tim Peierls, en signe également de protestation.
Source : Apache
Vincent Hermann

Rédacteur/journaliste spécialisé dans le logiciel et en particulier les systèmes d'exploitation. Ne se déplace jamais sans son épée.

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Publiée le 13/12/2010 à 15:59

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