Asa Dotzler, Mozilla: trop d'installations silencieuses de plugins

Ne soyez pas diaboliques ! 68
Depuis sa création, Firefox est un navigateur érigé au rang de défenseur des libertés en général. Lui-même libre et open source, il fut le premier à remettre sérieusement en cause la domination d’Internet Explorer et à braquer les feux des projecteurs sur les standards, au point que ces derniers sont devenus aujourd’hui un argument dans la compétition. Pourtant, cette liberté se heurte régulièrement à la volonté d’autres sociétés. Asa Dotzler de Mozilla lance d’ailleurs un appel vers les créateurs de plug-ins.

Asa Dotzler est un membre très actif de la communauté Mozilla depuis longtemps. Il a fondé la Quality Assurance de l’éditeur et a participé à la création du projet Spread Firefox qui avait fait beaucoup pour le record de téléchargements de Firefox 3.0. Dans un billet publié sur son blog, il critique désormais les éditeurs de plug-ins qui ne demandent pas la permission à l’utilisateur pour installer leurs créations. Et les cibles principales sont connues : Microsoft, Apple et Google.

firefox plugins 

Voici un extrait résumant parfaitement sa pensée :

« Pourquoi Microsoft, Google, Apple et les autres pensent que c’est une bonne pratique d’ajouter des plug-ins dans Firefox quand j’installe leurs logiciels ? Lorsque j’ai installé iTunes, afin de gérer ma collection de musiques et la synchroniser avec mon iPod, pourquoi Apple pense-t-elle qu’il est bon d’ajouter le plug-in iTunes Application Detector dans mon navigateur Firefox sans me le demander ? Pourquoi Microsoft pense-t-elle qu’il est bon d’installer furtivement leurs plug-ins Windows Live Photo Gallery ou Office Live dans mon navigateur quand j’installe Microsoft Office ? Qu’est-ce qui permet à Google de penser que glisser un plug-in Google Update dans Firefox est une attitude raisonnable quand j’installe Google Earth ou Google Chrome (pas certain à propos de ce dernier) sans me demander en premier ? »

Il précise ensuite bien sûr que tout ceci n’est évidemment pas une « attitude correcte ». Il ne comprend pas pourquoi l’installation d’un logiciel dans un but spécifique se permet d’intégrer d’autres composants dans d’autres logiciels, avant de préciser que c’est pour lui la définition d’un cheval de Troie. 

« Google, Microsoft, Apple, RockMeIt et tous les autres faisant ainsi, je vous enjoins à arrêter ça maintenant. Si vous voulez ajouter du logiciel dans mon système, demandez-moi. Cacher du logiciel que je n’ai pas demandé dans mon système est diabolique (particulièrement dans le sens de Google « Ne soyez pas diabolique »).

Il s’agit autant d’un appel qu’un cri du cœur. Pourtant, si l’on peut comprendre très facilement le point de vue d’Asa Dotzler, cette manière de procéder pour les sociétés concernées peut sembler logique. En effet, les utilisateurs avancés ayant assez de connaissances aiment avoir un pouvoir renforcé sur les actions entreprises. D’un autre côté, une grande partie des utilisateurs n’aime pas se voir poser trop de questions.

C’est le syndrome du « OK, OK, OK » qui a par exemple touché Microsoft lors de la sortie de Vista et de la première mouture de l’UAC (User Account Control) : des fenêtres de contrôle demandaient trop souvent à l’utilisateur s’il souhaitait confirmer un choix, ce qui provoquait agacement et lassitude. Une installation de logiciel n’est en soit pas une sinécure pour un utilisateur, et le sens même de la mise en place d’un plug-in peut lui échapper. Quelle est donc la solution ?

On peut imaginer aisément plusieurs moyens de répondre à toutes les demandes. Le plus classique est de proposer deux modes d’installation : l’un rapide, l’autre personnalisé. Le second permettrait de choisir précisément ce que l’on souhaite installer, y compris les composants ajoutés à d’autres logiciels, les navigateurs étant souvent en première ligne.
 
Publiée le 30/11/2010 à 09:54
Vincent Hermann

Rédacteur/journaliste spécialisé dans le logiciel et en particulier les systèmes d'exploitation. Ne se déplace jamais sans son épée.

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