Des salariés licenciés pour des propos sur leur page Facebook

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Attention dorénavant à vos propos sur Facebook, du moins si l’on en croit un jugement du tribunal des Prud'hommes de Boulogne-Billancourt. Celui-ci a considéré comme légal le licenciement de salariés qui avaient osé critiquer leur hiérarchie sur le réseau social, un samedi soir, depuis leur domicile.
 
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Ces trois salariés travaillaient pour l’entreprise Alten. Un samedi soir, en 2008, ils critiquaient leur hiérarchie sur Facebook depuis leur domicile en évoquant au fil de leurs propos le « club des néfastes ». Problème, une (adorable) amie transmet cet échange à la direction qui décide du licenciement pour « incitation à la rébellion » et « dénigrement de l’entreprise ».

Me Grégory Saint-Michel avait estimé lors d’un premier procès que ce licenciement est « la porte ouverte à la délation. Si à l'avenir, on peut être licencié pour des propos tenus sur Facebook, c'est la vie privée qui est menacée ». L’avocat a d’ores et déjà prévu de faire appel.

Dans cette affaire, plusieurs libertés sont en cause, et avant tout celle à la vie privée : faut-il ou non considérer Facebook comme une excroissance de son domicile, ou un lieu privé, ou bien doit-on au contraire tirer toutes les conséquences des propos qui y sont tenus en estimant que ce réseau est particulièrement ouvert ? Le tribunal ne fera pas dans la dentelle : « La page mentionnant les propos incriminés constitue un moyen de preuve licite du caractère bien-fondé du licenciement. »

 
Publiée le 19/11/2010 à 16:41
Marc Rees

Journaliste, rédacteur en chef

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