Hadopi aurait fait baisser le piratage en France, oui mais… (MàJ)

Scream vs stream 243
Mise à jour 5 novembre 2010 : Le sondage autour d’Hadopi est en ligne. Intitulé « l’impact de la loi Hadopi 2 sur les téléchargements illégaux », ce sondage est estampillé BVA-La Tribune-BFM et Avanquest, qui édite et diffuse des logiciels (dont des logiciels de sécurité).

Bruno Vanryb, président et CEO d’Avanquest estime que « la loi Hadopi n'est donc pas forcement le gadget déconnecté des réalités que l'on pouvait imaginer puisqu’une majorité des internautes ayant téléchargé illégalement ont changé leurs pratiques. Qu’il s’agisse de la peur du gendarme ou d’une prise de conscience liées au buzz autour de la loi Hadopi, c’est un résultat significatif s’il venait à être confirmé. En tout cas, cela souligne l'importance de la psychologie dans l'impact éventuel d'une législation, et l'influence limitée des militants du téléchargement gratuit pour tous. »
 
Première diffusion 4 novembre 2010 : Selon un sondage BVA-La Tribune publié aujourd’hui, Hadopi aurait fait baisser le piratage chez 53% des « adeptes du piratage » qui ont diminué ou arrêté cette pratique « depuis le vote de la loi [Hadopi] il y a un an ».

hadopi détournement modèle
Le site de la Hadopi

 
53% des 17% des 1003 personnes interrogées

La Tribune relativise toutefois ce résultat. D’une part, il ne repose que sur un effet psychologique très fragile : seuls quelques milliers d’internautes ont été avertis par Hadopi depuis peu. La probabilité de sonder des utilisateurs effectivement contactés par Hadopi est donc quasi nulle. D’autre part, seuls 17% des 1003 sondés ont affirmé pratiquer ce genre d’activité. 83% ont donc soutenu n’avoir jamais téléchargé. Ce fameux effet « positif » d’Hadopi n’aura été efficace que chez 90 des personnes interrogées (environ).

"C'est le bordel noir !"

Le Quotidien économique prend en compte d’autres données environnementales qui viennent diluer un peu plus la portée des réponses. D’abord, un tiers des foyers en France n’a pas accès à Internet. Ensuite, des internautes peuvent considérer comme légales des diffusions qui ne le sont pas. Le quotidien cite, non sans malice, la petite phrase de Thierry Lhermitte qui déclarait sur France 5 regarder des films sur Megaupload sans savoir si c'était légal ou non. Enfin, les chiffres de fréquentations ne sont pas en pleine cohérence avec ces données. La Tribune cite en conclusion les chiffres ComScore selon lesquels Megavidéo est devenu le 7e site vidéo en France.
Publiée le 05/11/2010 à 09:27
Marc Rees

Journaliste, rédacteur en chef

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