Hadopi : pourquoi nous refusons d’entrer dans les Labs

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La Hadopi vient d’ouvrir son appel à candidature de recrutement pour piloter ses ateliers de recherche collaboratifs, ses fameux « Labs ». Ces ateliers devront plancher sur le filtrage, les moyens de sécurisation, l’offre légale, etc. Selon nos informations, la Rue du Texel a déjà proposé des places à plusieurs acteurs dont certains blogueurs « influents », spécialistes en sécurité notamment, et peu connus pour leurs positions favorables au mécanisme de réponse graduée. Pour notre part, notre refus a été évident, automatique, sans hésitation.

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Jean Berbinau, membre de la Hadopi et amateur de DPI

En marge de la conférence de presse de mardi dernier, au fil de la discussion, la cellule communication nous a proposé d’entrer dans ces « labs ».  Une petite phrase, informelle,  mais qui s'est heurtée à une fin de non recevoir évidente : ce n’est sûrement pas notre rôle de s’immiscer ainsi dans cet univers.

Ceux qui ont accepté ou vont accepter la proposition prennent en outre un risque aigu : celui de valider des rouages qu’ils auront tenté depuis des mois de dénoncer. Celui de participer en cautionnant quelque chose qu’ils rêveraient de voir détruit. On ne peut plonger dans Hadopi et espérer dans le même temps ne pas être éclaboussé.

Les heureux « experts-pilotes » seront connus le 15 novembre prochain.

Comment persuader les futurs experts pilotes ?

Les leviers de persuasion d’Hadopi sont nombreux. Dans la plaquette de presse, il est dit que « l’expert pilote consacre en moyenne au minimum 4 demi-journées par mois de travail personnel à son Lab ». Autant dire un régime peu perturbant.

Si Hadopi est génétiquement programmée pour la répression, elle est aussi prête à assurer de perfusions très sucrées puisque ces experts seront rémunérés. « L’expert pilote bénéficie d’une rémunération compensatoire de son travail. Une grille sera finalisée lorsque la Haute Autorité aura une meilleure visibilité sur les candidatures reçues ». Éric Walter a bien insisté sur cette information, mardi dernier devant la presse. Lors de la conférence, il avait été dit que les rémunérations seraient discutées en fonction des prétentions des futurs « experts pilotes ».

Un million de budget annuel

Des premiers échos internes au monde des blogueurs nous indiquent qu’Hadopi est prête à des largesses, mais aucun chiffre n’a cependant été communiqué à ce jour. On sait cependant que le budget est d’environ 1 million d’euros.

« Éric Walter est bon tactiquement : il suffit qu’il en prenne deux ou trois pour assurer le noyautage » commente un acteur en « off »… Du coup, maintenant, chacun se demande qui « va plonger », et risquer d’arrondir ses critiques en arrondissant à coup sûr ses fins de mois...
Publiée le 11/10/2010 à 11:59
Marc Rees

Journaliste, rédacteur en chef

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