Sarkozy et Hadopi : quand l'absence de règle "tue la liberté"

Contrairement aux règles absurdes ? 86
La Hadopi a tenu hier sa troisième conférence de presse. Ce rendez-vous devait se tenir le matin même, mais un contretemps bousculait l’agenda. Ce 5 octobre, Nicolas Sarkozy avait convié les membres de l’autorité indépendante au lycée Jean-Baptiste Corot de Savigny pour y présenter le programme « Ciné-Lycée », avec des professionnels du cinéma.

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À l’occasion de ce programme destiné à favoriser la diffusion du cinéma au sein des établissements d’enseignement, Nicolas Sarkozy a repris ses thèmes anciens déjà entendus lors de l’installation de la mission Olivennes, dans son plus pur style : d’un il affirme qu’ « opposer les jeunes et la règle, c'est absurde, ça n'a aucun sens », de deux, que « la liberté sans règle, c'est une oppression, c'est la règle qui protège la liberté, c'est l'absence de règle qui tue la liberté ». Des propos repris fidèlement par Marie-Françoise Marais lors de la conférence Hadopi.

Le jeunisme, ou opposer règle et jeune

On se souviendra que Sarkozy fustigeait en janvier 2010 « je me demande encore comment (s’opposer au piratage, NDLR) peut faire l’objet d’un débat. Une espèce de jeunisme qui consiste à céder à toutes les modes. »

Hier, le président poursuivra toujours sur la même veine : « si on laisse le pillage que représente le piratage prospérer (...) il n'y aura plus de cinéma, il n'y aura plus de disques, il n'y aura plus de livres, il n'y aura plus de créations », et encore : « si on autorise le vol, on détruit le processus de la création (...) je ne laisserai pas détruire le livre, je ne laisserai pas détruire le disque, je ne laisserai pas détruire le cinéma, c'est trop important pour notre pays »…

Une offre légale qui va bien, selon Franck Riester

Le discours est toutefois en harmonie discrète avec les propos de Franck Riester qui estimait voilà peu que « les offres légales culturelles en ligne confirment chaque jour leur essor » et que « la VOD poursuit sa croissance tandis que la fréquentation des salles de cinéma a continué de progresser ». Le député maire de Coulommiers, rapporteur du projet de loi Hadopi et membre d’Hadopi expliquait enfin que « le marché de la musique digitale confirme également sa structuration, avec notamment un chiffre d'affaire du streaming multiplié par 2,4 alors que les téléchargements à l'acte progressaient de 56% depuis le début de l'année »… Et ce, alors qu’Hadopi, machine à « règles » « protectrice des libertés », n’avait pas envoyé son premier mail d’avertissement.

L’initiative CineLycee soutenue par le président de la République l’est également par l’autorité indépendante qui diffuse sur Cinélycée.fr une publicité pour Hadopi.fr.
Publiée le 06/10/2010 à 14:54
Marc Rees

Journaliste, rédacteur en chef

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