Pour Riester, le rapport Gallo va dans le sens de "l'Internet civilisé"

Et du mur ? 122
« Une nouvelle étape vient d'être franchie dans la lutte contre le fléau du piratage en ligne. J'appelle de tous mes voeux à ce que le rapport Gallo soit désormais suivi de propositions législatives. » Voilà une partie du message de soutien qu’a transmis hier Franck Riester après l’adoption au Parlement européen du rapport pro ACTA de sa collègue UMP, Marielle Gallo.

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Front uni en faveur d'un Internet plus civilisé
 

Riester signe son communiqué sous le sceau de député de Seine-Et-Marne et « membre du collège de la Hadopi ». Comme le remarque Owni, ce vote valide selon lui « cette conception de « l'Internet civilisé » que j'ai défendu en tant que rapporteur des lois HADOPI 1 et 2 l'Assemblée nationale ». L’internet civilisé est cet état avant lequel tout n’était que chaos, sauvagerie et débauche. Un thème qui lui est cher tout comme à Nadine Morano, Christine Albanel et Nicolas Sarkozy.

« Par ce vote, les eurodéputés reconnaissent les dangers du téléchargement illégal pour toute une filière économique, qui représente des milliers d'emplois en Europe, et particulièrement en France. L'Europe s'engage ainsi clairement à faire respecter les droits et les libertés les plus fondamentales ». Ou comment damer le pion à ceux qui croient que la surveillance, la pénalisation galopante peuvent être les signes d’une mise en danger des dispositions fondamentales du droit …

Le torse bombé, le membre de la Hadopi rappelle que « la Haute Autorité pour la diffusion des œuvres et la protection des droits sur internet vient d'envoyer ses premières demandes d'identification auprès des fournisseurs d'accès internet » (notre actualité).

Impasse sur les critiques

Il fait évidemment l’impasse des critiques qui ont été émises par le rapport de la CNIL face au dispositif de surveillance des ayants droit (notre analyse). Un dispositif contrôlé seulement par ces acteurs, et non par un tiers indépendant. Un dispositif tout automatique où les interventions manuelles n’ont pas lieu d’être. Un dispositif qui ne va flasher que des mises à disposition susceptibles d’être une contrefaçon, signes d’un défaut de sécurisation de l’accès internet deviné à distance. Il oublie aussi de décrire également les préparatifs de l'industrie de la Culture pour imposer le filtrage du web français.

Chez la Quadrature du Net, on considère surtout que ce rapport « illustre la volonté des industries du divertissement d'imposer une police et une justice privées du copyright sur le Net », avec une menace frontale contre le droit à un procès équitable, la liberté de communication ou le respect de la vie privée. Du côté de l’eurodéputé Françoise Castex, même analyse : « ce rapport prône la mise en place de mesures non législatives à l'instar de ce qui a été tenté, en France avec Hadopi, et dans le monde avec ACTA, afin de contourner l'autorité judiciaire. C'est la porte ouverte à des gendarmes et à une justice privée du droit d'auteur sur le Net. ». Selon elle, les dispositions du rapport Gallo « poussent à la criminalisation de millions d'internautes par ailleurs consommateurs de musique et de films. Ce faisant elles dressent les artistes contre leur propre public sans leur assurer un centime de plus. »

Un marché en hausse, sans Hadopi, sans ACTA, sans Gallo

Jiwa vient de baisser le rideau d'une manière peu civilisée, mais Franck Riester est surtout « heureux de constater que les offres légales culturelles en ligne confirment chaque jour leur essor ». Il évoque un marché du streaming (légal) multiplié par 2,4, une hausse du téléchargement légal, et la nouvelle chronologie des médias (un film sort en DVD ou en VoD de 6 à 4 mois après sa sortie en salle) qui « a dynamisé l'ensemble de la filière cinématographique, puisque la VOD poursuit sa croissance tandis que la fréquentation des salles de cinéma a continué de progresser ». N'en jetez plus. Les chiffres de l’ALPA (450 000 films piratés chaque jour sur P2P) tant mis en avant par les tenants d’Hadopi seraient donc à oublier, alors qu’Hadopi n’a pas encore envoyé son premier avertissement.
Publiée le 23/09/2010 à 09:22
Marc Rees

Journaliste, rédacteur en chef

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