Édito : les téléphones, les consoles portables de demain (?)

Voire d'aujourd'hui 163
Tout le monde (ou presque) a eu un jour entre les mains un Game Boy, une Game Gear, une DS, une PSP ou une autre console portable. Fort du succès de ces petites consoles, mais aussi des téléphones portables, Nokia a eu la riche idée il y a sept ans de lancer la fameuse N-Gage. Malgré ses qualités, le produit n’a pas eu le succès escompté. Un échec principalement dû au manque de jeux disponibles, et à quelques autres défauts plus ou moins importants (inutile de revenir dessus). Mais une autre raison pourrait expliquer cet échec : le public n’était pas prêt à un tel bouleversement...

Sept ans plus tard, la chanson est différente. Tout d’abord, la PSP et la DS, sorties peu après la N-Gage, intègrent des outils et des services qui étaient présents dans le précieux de Nokia (radio, lecteur MP3, surf sur Internet, etc.). Mais surtout, l’explosion des smartphones, grâce à leur écran haut de gamme, leur puissance, et leur connexion constante au Net, pourrait bien bouleverser le marché si lucratif des jeux portables.

Alors qu’au début, nous avions sur nos portables un pauvre jeu de serpent, à l’instar de ce que l’on trouvait dans nos calculatrices, aujourd’hui, les jeux sont en 3D, plutôt jolis, et certains sont de véritables jeux, qui impliquent un minimum d’investissement et où s’amuser cinq minutes ne suffit pas.

Aujourd’hui, quand on parle des smartphones, on parle d’un écran supérieur à 4 pouces (plus de 10cm de diagonale), d’un CPU d’une puissance égale (et bientôt supérieure) à 1 GHz, d’une capacité de plusieurs dizaines de Go et d’une quantité de mémoire non négligeable. Et avec Tegra de NVIDIA, le potentiel des smartphones est encore plus grand.

Aujourd’hui, il existe même des émulateurs d’autres consoles. Par exemple : psx4droid, émulateur PlayStation 1 pour Android. Tout n’est pas encore parfait, comme le montre la vidéo ci-dessous, cela ne vaut pas une PSP bien entendu, et n’importe quel smartphone ne pourra pas exploiter cet émulateur convenablement. Il n’empêche, l’évolution des téléphones ces dernières années est impressionnante. Mais le terme téléphone n’est pas adéquate, et si smartphone est plus parlant, il s’agit d’ordinateurs miniatures, ni plus ni moins.


Ci-dessus, nous avons parlé d’un émulateur de PlayStation 1, mais il existe bien entendu le même genre d’application pour le Game Boy et la Game Gear par exemple. Gameboid et DroidGear sur les Androphones fonctionnent (plus ou moins) depuis un petit moment maintenant, et fait le plaisir de bien des joueurs, surtout ceux dont le smartphone dispose d’un clavier physique. Et l’iPhone n’est évidemment pas en reste de ce côté-là, bien au contraire.

Quoi qu’il en soit, les smartphones d’aujourd’hui et de demain ont tout pour supplanter les consoles portables. Même si le tactile et leur autonomie sont leurs principaux défauts, leurs qualités sont innombrables. Outre le fait de proposer de nombreux services (téléphonie, musique, film, radio, surf, GPS, APN, etc.), il faut aussi compter sur des technologies comme l’accéléromètre, bien exploité par certains développeurs. Mais il n’y a pas que ça. Le côté connecté permet de télécharger des jeux en quelques secondes ou minutes pour les plus volumineux. Si l’achat de jeux par Internet est désormais rentré dans les mœurs, même sur portable depuis la PSP Go, l’utilisateur de smartphone a l’habitude de surfer sur le Net, de télécharger des applications (parfois payantes), et ne sera donc pas déboussolé de télécharger des jeux sur l’App Store, l’Android Market, l’Ovi Market et autres plateformes de ce genre sur son appareil.

Aujourd’hui, selon Androlib, près de 12 % des applications disponibles sur Android Market sont des jeux, soit près de 10 000. Et selon 148apps (spécialisé dans l’App Store), la boutique d’Apple compterait près de 35 000 jeux, dont près d’un tiers (11360) sont gratuites, et plus de 20 000 sont vendus entre 0,99 et 1,99 $. Et si leur prix moyen (1,26 $) est bien inférieur à celui des autres applications (2,91 $), cela n’empêche pas les développeurs de proposer à Apple 2 à 3000 nouveaux jeux par mois (soit près de 100 par jour tout de même) afin d’être acceptés sur sa plateforme…

Et à ce rythme, non seulement les smartphones seront les « consoles » les plus vendues au monde, mais bien plus important, elles disposeront du catalogue le plus important qui soit. Même si nombre d’entre eux sont des petits jeux casuals fort plaisants à jouer en transport en commun ou quand on a du temps à tuer, d’autres sont plus complexes. Certains éditeurs l’ont bien compris. Ce n’est ainsi pas pour rien qu’Electronic Arts a grandement investi dans ce secteur. SimCity Deluxe, NBA Live, et bien d’autres jeux EA sont ainsi disponibles sur iPhone et iPod touch. Et ne parlons pas de l’iPad.
  
L’avenir est aux jeux vidéo sur téléphone, c’est désormais une certitude. Les constructeurs et les éditeurs l’ont aujourd’hui compris. Nokia l’avait compris. Mais trop tôt.

La vidéo du jour.

Futur bide, nanard, bon film ou film culte ? Tron Legacy approche, et on peut craindre le pire... Date de sortie prévue début 2011 dans nos contrées (normalement).

Publiée le 31/07/2010 à 08:00
Nil Sanyas

Journaliste, éditorialiste, créateur des LIDD. Essentiellement présent sur Google+.

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