Downgrade de Windows 7 vers XP : deux ans après Windows 8

Et potentiellement encore davantage 67
Windows XP n’en finit plus de mourir, et il est nécessaire de revenir une fois de plus sur la vie si longue de ce produit qui existe officiellement depuis l’automne 2001. La récente information d’arrêt du support de la version Service Pack 2 du système est une étape très importante, car ce Pack a longtemps été le seuil minimal de compatibilité pour nombre de logiciels et de pilotes. Mais Microsoft a choisi de revenir sur les droits de « downgrade », qui ne sont pas si simples à comprendre, et de les étendre.

Windows XP

Windows XP, le système qui ne voulais décidément pas disparaître

Le downgrade, ou rétrogradation, est la capacité offerte notamment aux entreprises d’installer une version plus ancienne du système. Cette possibilité est présente dans les licences Professionnelle et Intégrale de Windows 7. Or, la situation de Windows XP est très particulière : en place depuis de nombreuses années, il est encore présent dans 74 % des entreprises à travers le monde. On ne se débarrasse d’un mastodonte pareil si facilement.

Pour bien comprendre les enjeux de la problématique chez Microsoft, il faut savoir que le support d’un Windows s’arrête en général deux ans après la sortie de la version suivante. Or, on remarque tout de suite que Windows XP échappe complètement à cette règle, que les Service Packs peuvent d’ailleurs briser en relançant de nouveaux cycles. Dans le cas de Windows 7, Microsoft avait indiqué que la rétrogradation serait autorisée durant les 18 mois qui suivraient la commercialisation du système, mais là encore, la firme a dû changer ses plans.

Alors, comment fonctionnent ces droits de rétrogradation vers Windows XP, surtout maintenant que l’éditeur rappelle que son support mourra en 2014 en même temps que le Service Pack 3 ?

Deux ans après Windows 8

La décision est désormais celle-ci : tant que dureront les cycles de support des éditions Professionnelle et Intégrale de Windows 7, les clients détenant ces licences pourront rétrograder vers Windows XP. Si cela peut apparaitre naturel, c’est également paradoxal dans la mesure où cette possibilité va dépasser l’année 2014. En clair : il sera possible de rétrograder vers un système qui ne sera plus supporté dans quelques années.

Mais là om les choses se compliquent, c'est que Windows 7, lui, ne sera pas vendu jusqu'à la fin de son support en 2020 (support étendu). Windows 8 va sortir probablement en 2012, et Microsoft a précisé que Windows 7 ne pourrait être encore acheté que durant les deux années qui suivant la sortie du 8. Donc, techniquement, 2014 devrait être une année frontière, les OEM n'ayant alors plus le droit d'acheter des licences de Windows 7.

Est-ce pour autant le problème principal auquel vont se confronter les entreprises qui en auront peut-être besoin ? Pas nécessairement.

Il faut considérer en effet qu’avec l’augmentation de la période des droits de rétrogradation, d’autres produits que Windows XP prennent de l’âge. On considère trop souvent le système d’exploitation comme élément déterminant, et c’est bien le cas, mais qu’en est-il de tous les logiciels qui lui sont liés ? Après tout, si des entreprises continuent à rétrograder vers Windows XP, c’est avant tout pour des questions de compatibilité. Malheureusement, les cycles de support, d’ici 2014, seront pratiquement tous terminés pour les versions qui réclament XP (2011 en fait d'après le cabinet Gartner).

En comptant les stocks, il pourra y avoir théoriquement jusqu'à six années complètes durant lesquelles Windows XP pourra être installé via les droits de rétrogradation sans bénéficier des mises à jour de sécurité. La période s’entendra entre les dates suivantes :
  • 8 avril 2014 : fin complète du support de Windows XP
  • Janvier 2020 : fin complète du support de Windows 7
Petite précision : la fin du support « normal » de Windows 7 est prévue pour janvier 2015, période à laquelle le système entrera en phase de support étendu. Il s'agit d'une période maximale que très peu de cas devraient vérifier dans la pratique.

Maintenant, le fait que Microsoft laisse justement la possibilité aux entreprises de procéder à un tel retour rendra forcément quelques services. Mais il faudra se montrer prudent : plus ces droits de rétrogradation vont être utilisés sur le tard, plus complexe sera la transition par la suite. Après tout, Windows 7 représente deux générations d’écart, et Windows 8 arrivera entre temps. À moins, bien sûr, que la virtualisation ne vienne régler bien des problèmes de compatibilité d’ici là.
Publiée le 15/07/2010 à 17:03
Vincent Hermann

Rédacteur/journaliste spécialisé dans le logiciel et en particulier les systèmes d'exploitation. Ne se déplace jamais sans son épée.

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