SFR ne compte pas louer son réseau 3G à Free Mobile

SFR, celui qui a dit non 72
Free Mobile LogoLorsque que l’Autorité de la concurrence a donné son avis positif quant aux croisements des bases clients (mobiles et internet) et aux offres de convergence (de type quadriplay), elle a néanmoins nuancé cet avis en précisant (sans le nommer) que Free Mobile devait absolument investir le marché mobile.

Aide Free, et personne ne te gênera

« Indépendamment des caractéristiques des offres de convergence que pourrait proposer France Télécom, l’Autorité estime que l’entrée d’un quatrième opérateur sur le marché mobile est de nature à limiter leurs effets d’éviction. En pratique néanmoins, cela suppose que le nouvel entrant bénéficie rapidement d’une prestation d’itinérance, non seulement sur les réseaux 2G mais aussi sur les réseaux 3G, afin qu’il puisse efficacement concurrencer les trois opérateurs de réseaux mobiles déjà installés. »

Ce petit paragraphe dans un avis de 42 pages a ainsi fait tiquer les opérateurs disposants d’une licence 3G, qui ont vu cet avis (qui n’est qu’un avis, pas une obligation) comme une forte recommandation à aider Free Mobile sur le dossier de la 3G.

En effet, si le dossier de la 2G n’est pas un problème en soit, car l’ARCEP oblige les opérateurs à trouver un accord avec le nouvel entrant, le dossier de la 3G est plus complexe. En effet, strictement rien ne force les opérateurs à s’entendre avec Free. Pour autant, des discussions sont en cours entre la filiale d’Iliad et les trois grands opérateurs. Pour un résultat néanmoins encore inconnu. En cas d’échec, Free pourrait cependant saisir l’ARCEP, voire l'Autorité de la concurrence ou le Conseil d'État.

Orange : « c'est disproportionné »

Suite à cette pression de la part de l’Autorité de la concurrence, certains opérateurs ont vivement réagi à notre confrère Les Échos. Orange a dégainé le premier : « La licence de 3G a été accordée à Free en janvier dernier et elle ne prévoyait pas cette obligation. Concéder un nouveau droit à Free cinq mois seulement après, alors que la licence n'a pas été payée très cher, c'est tout de même étrange » a ainsi commenté Orange.

Pour ce dernier, il s’agit d’une « obligation disproportionnée », même s’il ne s’agit pas d’une réelle obligation rappelons-le.

SFR : Free doit assumer son statut

Du côté de SFR, Frank Esser, son PDG, s’est confié hier lors du forum des télécoms et du Net, organisé par notre confrère « Les Échos ». Le discours est encore plus tranchant que celui d’Orange : « Free a eu le choix entre être un opérateur commercial, c'est-à-dire un MVNO, ou un opérateur de réseau. Il a choisi de devenir un opérateur de réseau. Cela implique une obligation de déploiement d'infrastructures. C'est un métier. »

Et Frank Esser ne s’arrête pas là en taclant Free au niveau du genou : « Nous avons dépensé 300 millions d'euros le mois dernier pour acheter des fréquences 3G. Je ne vois pas pourquoi je donnerai à Free un accès gratuitement. (…) Cinq mois après l'attribution de la licence à Free, je ne vois rien. Il n'y a aucune infrastructure de Free Mobile aujourd'hui. »

Résultat, SFR ne compte pas négocier avec Free Mobile au sujet de la 3G. Le salut viendra-t-il de Bouygues Télécom ?

Les 18 prochains mois devraient nous révéler bien des surprises, en attendant le lancement des premières offres de Free Mobile. 
Publiée le 16/06/2010 à 16:07
Nil Sanyas

Journaliste, éditorialiste, créateur des LIDD. Essentiellement présent sur Google+.

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