Le patron des espions US évoque son plan contre les cybermenaces

Chut, top secret. 42
Keith Alexander Le géneral Keith Alexander a été nommé le 21 mai directeur de l'U.S. Cyber Command. C'est un organisme créé officiellement le même jour, qui regroupe les divisions de luttes contre les menaces provenant du réseau des différentes forces armées. Keith Alexander est également le directeur de la NSA (National Security Agency, chargé d'espionner les communications mondiales) depuis 2005. C'est donc un des grands patrons des services de renseignement des États-Unis.

Le 3 juin, il s'est exprimé devant le Center for Strategic and International Studies, un think tank basé à Washington, et leur a expliqué que les États-Unis devaient « mettre en place des règles d'engagement pour les cyber guerres qui menacent »,similaires à celles existant en cas de guerre conventionnelle.

Une règle d'engagement est un terme militaire définissant quand, où et comment la force doit être utilisée. Pour le général, il faut « les définir pour deux cas de figure, ce que nous devons faire maintenant en temps de paix, et ce que nous devrons faire en temps de guerre pour appuyer nos unités au combat ».

Il explique que pour l'instant le Pentagone se contente de réagir après coup, et de gérer ses réseaux pour limiter la portée des attaques. Il révèle ainsi que les 15 000 réseaux composant le département américain de la défense subissent 6 millions d'attaques par jour, et que 7 millions de machines sont utilisées pour les défendre. Il voudrait donc passer à l'offensive, en créant une réponse en temps réel aux menaces, et de vraies capacités opérationnelles pour arrêter ces attaques à la source.

La lutte contre les réseaux d'ordinateurs zombi et les failles de sécurité laissées ouvertes dans les ordinateurs des particuliers, des entreprises et parfois même des gouvernements va aussi devenir une priorité, leur existence étant une menace permanente sur la sécurité des réseaux.

Mais Alexander promet ne pas vouloir militariser Internet. Il veut éviter au maximum une course aux armements virtuels entre les pays, qui finirait par se retourner contre les internautes. Car il explique que le Cyber Command veut essayer au maximum de garantir la liberté de communication des civils. Mais pour lutter contre les espions étrangers ou les terroristes qui se servent du réseau, ou prévenir une attaque étrangère, des limitations seront obligatoirement imposées. Pour préserver le système actuel il faut limiter les risques. Mais pour des raisons de sécurité il ne peut pas révéler exactement quelles sont les mesures mises en place pour protéger l'Amérique...

Par Jeff Publiée le 10/06/2010 à 15:45