Xavier Niel est "un homme du peep-show" selon Nicolas Sarkozy

Il a frit, il n’a rien compris 380
Nicolas Sarkozy ne veut pas de Xavier Niel au Monde et le dit, avec le tact et l’élégance habituels : selon le Point, le président de la République a décroché son téléphone voilà une dizaine de jours pour évoquer (un peu) l’avenir du Monde et (surtout) dire tout le bien qu’il pensait du numéro 1 d’Iliad/Free.

xavier niel maxime lombardini
Maxime Lombardini et Xavier Niel en 2008 (photo M.R. CC-By-SA)

Selon le Point, « Nicolas Sarkozy concentra ses critiques sur Xavier Niel, présenté comme "un homme du peep-show", peu digne d'entrer au capital du journal fondé par Hubert Beuve-Méry ». Les premières et lointaines amours de Niel pour le marché du minitel rose vibrent encore dans le tréfonds mémoriel de Sarkozy. Pour celui-ci, ce serait ainsi « une folie » de faire entrer Niel dans le capital du Monde.

Voilà peu, Xavier Niel a rejoint l’offre de recapitalisation montée par Matthieu Pigasse et Pierre Bergé. Ceux-ci veulent via une société anonyme, prendre jusqu’à 60 % du capital du groupe Le Monde en échange de 80 à 100 millions d'euros. D’autres prétendants sont sur le coup et les offres seront étudiées dès 10 juin.

Selon le Point, « la candidature de Claude Perdriel, patron du Nouvel Obs, apparaît [à Nicolas Sarkozy] comme un moindre mal. Dans la mesure où "Denis" - comprendre Denis Olivennes - serait dans le coup, il y aurait comme une corde de rappel ».

Difficile du coup de ne pas se rappeler de l’opposition de Niel aux plans élyséens gravitant autour des accords de l’Élysée et de la loi Hadopi si chère à Sarkozy. Niel a toujours marqué sa ferme opposition aux tests de filtrage, ou à Hadopi en général (ex : « S’il s’agit de préserver les intérêts de quelques artistes qui gagnent beaucoup d’argent, ça n’a peut-être pas grand sens »).

Le FAI ne s’est jamais caché pour démonter les trappes du texte et notamment sur la prise en charge du coût d’Hadopi (« La prise en charge financière par l’État de l’ensemble des dispositifs à déployer (…) reste aujourd’hui très incertaine » disait la société en 2009). Alors que du côté de la Rue de Valois, on retient surtout la thèse lumineuse d’un économiste, membre de la mission Olivennes et apprécié de l'IFPI, Olivier Bomsel : faire supporter au maximum les coûts de la riposte graduée sur le dos des FAI pour inciter les intermédiaires à appliquer volontairement le filtrage. Après le minitel, voilà un avenir bien rose.
Publiée le 09/06/2010 à 08:19
Marc Rees

Journaliste, rédacteur en chef

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