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Google Cars : faut-il supprimer les données collectées par erreur ?

Sans trace, plus de trace...

Le scandale de la collecte des données des Wi-Fi ouverts par Google continue sur sa lancée. On se souvient qu'après que l'autorité de protection de la vie privée allemande a demandé à pouvoir inspecter les données Wi-Fi accumulées par les Google Cars, l'entreprise californienne avait dû admettre collecter bien plus que simplement les adresses MAC et les SSID des réseaux publics. En réalité une "erreur" dans le code utilisé pour collecter ces données provoquait aussi la capture des paquets (selon Google incomplets) transitant sur les réseaux non protégés. 600 Go de données non chiffrées ont ainsi été collectés.

google cars

Les autorités des 30 pays où Street View est présent ont été contactées par Google, et certaines ont demandé la suppression immédiate de ces données. C'est le cas de l'Irlande, et Google a détruit physiquement les disques durs contenant ces données devant un témoin indépendant. C'est maintenant au tour du Royaume-Uni, qui a également annoncé ne pas compter attaquer Google en justice à ce propos, et donc ne pas avoir besoin d'inspecter ces données.

L'Allemagne a une attitude inverse puisqu'elle a de son côté demandé à ce que les données lui soient remises, pour inspection. M. Caspar, qui gère les discussions entre le gouvernement et Google, explique que « jusqu'à présent les seules informations que nous avons sur cette collecte de données est ce que Google nous a dit. Mais tant que nous ne pourrons pas inspecter un de ces disques durs nous-mêmes, nous ne saurons ni l'étendue, ni le type de données qui ont été réellement stockées ». La Federal Trade Commission, le gendarme des entreprises américaines, devrait également ouvrir une enquête selon le Wall Street Journal. Mais elle n'en est qu'à son commencement. Les données américaines ne seront donc pas supprimées, au cas où elles seraient utiles à l'enquête.

Une ONG s'en mêle et Eric Schmidt s'explique


L'ONG Privacy International est très remontée contre Google, et a adressé hier une lettre ouverte aux autorités de protection de la vie privée européennes. En particulier elle leur demande d'arrêter de demander au californien de supprimer ces données, l'association pensant qu'elles seront utiles sous peu pour toute une ribambelle de procès criminels et civils contre Google. Pour elle une destruction de ces données équivaut à détruire des preuves, et est donc illégale. Elle conclut en disant qu'elle est « profondément perturbée par les affirmations de Google que cette situation a été causée par une simple "erreur" [...]. Cette explication nous semble très improbable. Seul un audit de grande ampleur permettra de découvrir les faits. En attendant, tout ce qu'il reste est plus de questions que de réponses dans ce décevant chapitre de l'histoire de Google ».

Lors de la conférence Zeitgeist (qui veut dire "l'esprit du temps") en Allemagne le PDG de Google Eric Schmidt a répondu à cette lettre, déclarant qu'il espérait qu'aucune action en justice ne serait engagée : « qui a été blessé ? Nommez une personne ». Pour lui il est « très improbable » que ces données puissent être utilisées, et il semble que Google n'y ait même pas touché. Mais il confirme que son groupe « ne supprimera pas ces données tant qu'on ne nous l'ordonnera pas ».

Un groupe de pression des consommateurs américains, le Consumer Watchdog, a lui aussi contacté la FCC pour demander une enquête. Il efface du revers de la main l'argument de Google selon lequel une tierce partie indépendante devrait inspecter ces données, disant que serait comme de « pouvoir choisir et payer l'arbitre dans un match de basketball de championnat. Cette enquête doit être réalisée par une autorité de régulation capable d'imposer de vraies sanctions ».
Publiée le 19/05/2010 à 11:08

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