Les amateurs de films piratés continuent à fréquenter les salles

Le sale, sans effet sur les salles ? 110
Une étude Médiamétrie commandée par Allocine.com a été publiée hier. Elle porte sur la fréquentation des cinémas en général, mais contient une section intéressante sur le piratage. Elle a été réalisée sur un échantillon de 2 399 personnes de nationalité française de 15 ans et plus. Elle sort à l'occasion du Festival de Cannes qui s'approche, et pour mettre en lumière le record de fréquentation des cinémas de l'année dernière. En effet, en 2009 201 millions d'entrées ont été vendues : c'était le plus haut niveau d'entrées depuis 1982.

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Pour commencer, on apprend que 58 % des spectateurs interrogés ont déclaré avoir téléchargé, regardé en streaming ou récupéré des films ou séries télévisées piratés par leurs amis. 52 % ont piraté des films, et 44 % des séries. Un chiffre intéressant à comparer à une étude IPSOS de septembre dernier qui révélait que seulement 15 % des Français avouent télécharger illégalement de la vidéo...

Chez les 15 à 24 ans la proportion de spectateurs qui sont aussi pirates à mi-temps monte à 84,2 %. Les spectateurs assidus sont 58 % à pirater des vidéos, et les spectateurs réguliers 65 %. Ces chiffres semblent logiquement prouver que les plus grands amoureux du cinéma sont aussi les plus enclins à télécharger des films illégalement.

À la question « diriez-vous que depuis que vous regardez des films piratés, vous allez...», 76 % des pirates répondent « autant au cinéma qu'avant », 17 % « plus souvent au cinéma » et seulement 7 % « moins souvent au cinéma ». Pour le cinéma, l'impact net du piratage semble donc pour l'instant positif. Mais la situation est probablement différente pour les DVD et Blu-Ray.

Hadopi ? Inconnue au bataillon

Moins de la moitié des sondés avaient entendu parler de la loi Hadopi et l'avaient comprise. Et parmi cette moitié, 78 % sont convaincus qu'elle est inefficace. Autant dire qu'avec  à peine une personne sur dix effrayée par Hadopi, un effet psychologique provoquant un impact suffisant pour expliquer le redressement d'un quelconque marché culturel (comme celui de la musique) parait très douteux.
Par Jeff Publiée le 07/05/2010 à 12:09 - Source : La Tribune