Opera et ARM critiquent Flash à leur tour

Problèmes de performances pour l'un, de maturité pour l'autre 82
Depuis que Steve Jobs a relancé sa seconde vague de critiques à l’encontre de la technologie Flash d’Adobe, d’autres sociétés s’engouffrent dans la brèche. Microsoft a ainsi récemment réaffirmé son support au HTML 5 via Internet Explorer 9, même si l’éditeur a également précisé qu’il continuerait à travailler avec Adobe sur les « problèmes » de Flash. Mais voilà maintenant qu’Opera et ARM rejoignent les rangs, et Flash n’en ressort une nouvelle fois pas vainqueur.

flash 10.1

Opera souhaite des standards ouverts

On en revient finalement toujours aux mêmes points qui sont abordés, et Opera sonne la charge contre les performances et l’impact négatif sur l’autonomie des appareils mobiles. L'analyste produit Phillip Grønvold de l'éditeur indique ainsi :

« Le contenu Internet est aujourd’hui dépendant de Flash. Si vous retirez Flash, vous n’avez plus l’Internet d’aujourd’hui. Mais chez Opera, nous affirmons que le futur du Web s’appuie sur les standards ouverts et Flash n’en est pas un.

Flash a ses utilités et continuera à les avoir, les mêmes que Silverlight et les autres, tout spécialement pour le contenu dynamique. Mais Flash, en tant que conteneur vidéo, n’a que peu de sens pour le taux d’utilisation CPU, l’autonomie, etc. Vous pouvez faire cuire un œuf sur les appareils une fois que Flash a commencé à fonctionner sur eux, et il y a une raison pour cela
».

Il est étrange de constater qu’il aura fallu les propos plus qu’acerbes de Steve Jobs pour déclencher cette vague de critiques. Évidemment, les sociétés concernées devaient bien avoir leurs opinions avant qu’Apple entre en guerre contre le Flash, mais on peut se demander pourquoi cette attente. D’autre part, l’argument des standards ouverts tombe un peu à plat quand on considère la proportion de code source fermé utilisé par ces sociétés. Opera, quoi qu’en disent ses responsables, n’est pas un produit ouvert. Il y a une certaine facilité à promouvoir de ces standards dans le cadre du lynchage d’une technologie dont on ne veut plus s’occuper.

ARM peste contre le retard d'une version mobile efficace

Et après Apple, Microsoft et Opera, la société ARM se jette à l’eau également. ARM est connu pour l’architecture du même nom de certains processeurs et SoC (system on a chip). Un grand nombre de téléphones et appareils mobiles utilisent des puces de type ARM. Dans le cas de cette société, il est reproché à Adobe de n’avoir pas su fournir un lecteur Flash mobile efficace.

Adobe et ARM avaient signé un pacte en 2008 qui visait à fournir justement les technologies Flash et AIR sur un maximum d’appareils mobiles. Maintenant que deux années ont passé, et ARM remarque que ces technologies ne sont pas présentes sur la majorité des appareils concernés.

Ian Drew, vice-président marketing d’ARM, indique ainsi à ZDnet : « Nous pensions que les smartbooks seraient là à présent, mais ce n’est pas le cas. Je pense que l’une des raisons de ce retard est la maturité des logiciels. Nous avons vu des choses comme le faux-pas d’Adobe, nous aurions préféré planifier pour 2009. Notre cible, ce sont les machines Internet »

Cela n’empêche pas ARM d’estimer que lorsque le travail sur Flash mobile sera réellement terminé, cela constituera un atout puissant pour les appareils qui embarquent les fameuses puces.

Publiée le 07/05/2010 à 10:26
Vincent Hermann

Rédacteur/journaliste spécialisé dans le logiciel et en particulier les systèmes d'exploitation. Ne se déplace jamais sans son épée.

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