Et si IBM supprimait les trois quarts de son effectif ?

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IBMIBM est la société qui compte le plus d’employés parmi les sociétés high-tech, derrière Hon Hai Precision Industry (Foxconn). Mais cette distinction ne semble pas lui plaire et elle pourrait bien accélérer son niveau de sous-traitance, au point que l'entreprise, qui compte près de 400 000 employés à ce jour, pourrait n’en compter plus que 100 000 en interne en 2017. Cela représente la perte des trois quarts de ses salariés, et l'externalisation de plus de 40 000 emplois par an en moyenne.

Ce scénario a été imaginé par Tim Ringo, dont le titre exact chez IBM est Global Leader of Human Capital Management. En somme, Ringo une personne spécialisée dans la gestion des ressources humaines.

Relayée par Personnel Today, cette idée de Tim Ringo n'est cependant qu’un simple scénario. Ce n’est pas ce que prévoit IBM, il est important de le préciser. Un porte-parole de Big Blue a d’ailleurs tenu à préciser à Personnel Today qu’il ne s’agit que d’une spéculation.

« Ces commentaires sont sans fondement. Ce n'était que pure spéculation sur les futurs mouvements d'emplois, sans fondement. »

 Mais même si tout ceci n’est qu’une invention de Tim Ringo, elle se base néanmoins sur une certaine logique. En réduisant fortement son nombre d’employés et en sous-traitant massivement, à l’instar de nombreuses SSII, IBM y trouverait de nombreux avantages selon lui :
  • Moins de frais en locaux
  • Moins de retraites à payer
  • Moins de frais de santé
En somme, réduire drastiquement le nombre d’employés permet une chute vertigineuse des frais fixes. Un simple cours d’économie de base. Cependant, si externaliser une partie importante de ses activités a des avantages indéniables, notamment en termes de flexibilité, d’autres défauts sont attendus. Notamment si l’on souhaite sous-traiter ses propres employés, en somme les licencier, pour louer à nouveau leurs services ensuite, mais indirectement (comme des sous-traitants donc).

Bernard Brown, consultant pour KPMG, a ainsi averti les sociétés voulant se lancer dans cette politique de gestion de personnel : « Comment pouvez-vous encourager ces gens à rester travailler pour vous ? Les questions de conservation [des employés] sont énormes. Le moral du personnel pourrait également être affecté. »

Rappelons qu’une société comme CapGemini compte autant voire plus d’employés en Inde qu’en France, soit environ 20 000 dans chacun des pays, sur un total d’employés de 90 000.
Publiée le 27/04/2010 à 15:59
Nil Sanyas

Journaliste, éditorialiste, créateur des LIDD. Essentiellement présent sur Google+.

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