PC INpact : reportage au Musée du Jeu Vidéo

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Mercredi dernier, le musée du jeu vidéo a ouvert ses portes au sommet de la Grande Arche de la Défense. Organisé par l’agence Alerte Orange, ce musée-exposition est installé à quelques mètres du musée de l’informatique (notre dossier). Une présentation presse avait lieu ce matin, mais nous avons déjà pu visiter les lieux hier après midi et interviewer l’un des responsables du lieu. Une remontée dans le temps puisque 40 ans de culture du jeu vidéo sont retracés derrière les vitres (*).

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Les années 70 : Vidéopac, Simon, Collecovision, Pong...
aux côtés d'autres consoles comme la Color TV Game 15 ou l'inoubliable Atari 2600


Jean-Philippe Alba, Responsable éditorial du Musée et rédacteur en chef de digitalgames.fr nous donne des indications sur le nombre de pièces : « Il y a plus d’une centaine de machines qui sont exposées, consoles portables et de salon. Si l’on compte les produits dérivés, il y a plus de deux cents pièces sur trois cents mètres carrés. C’est une exposition permanente qui fait le lien avec le musée de l’informatique, soit en tout 700 mètres carrés dédiés aux loisirs numériques »

Une armée de Games & Watch

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Une batterie de "tabletop"

L’exposition est divisée en décennie : 1970, 1980, 1990 et 2010. Une première surprise : nulle trace d’Amstrad, de C64, d’Amiga, d’Atari ST ou d’Oric Atmos et autres ordinateurs qui ont pourtant plus que participé au mouvement. « le choix éditorial de ne mettre que les consoles en avant est lié à des contraintes d’espace et on ne voulait pas trop montrer le côté hardware ». A quelques mètres de là, le musée de l’informatique est censé combler cette lacune que nous regrettons malgré tout.

En plus du musée permanent, des expositions temporaires seront organisées tout au long de l’année. « La première qu’il y a actuellement est avec des artistes qui ne sont pas nécessairement du milieu du jeu vidéo, mais qui ont fait des œuvres sur le carré central. On va évoluer en termes de contenu, de surface, et mettre d’autres acteurs dans la boucle ».

Un coup de pouce de 20 000 euros du ministère de la Culture

Quel est le statut de ce musée ? « C’est un musée privé, il y en a 10 000 autres en France et une soixantaine de musées nationaux. L’idée à terme d’ici deux ans est d’aboutir à un musée national du jeu vidéo ».

Le projet a profité d’un coup de pouce du ministère de la Culture, sur lequel nous reviendrons plus bas : « Il nous a accordé une enveloppe de 20 000 euros pour tout ce qui est services culturels numériques innovants. On a reconduit là un appel à projet en décembre 2009 sur le renouvellement d’outils technologiques au sein du musée pour une présentation des thématiques d’une manière un peu plus innovante. C’est pour cela qu’il y a un hologramme, une table tactile, etc. »

Trois pièces rarissimes

Quelles sont les pièces les plus remarquables ? « Il y en a au moins trois. Ce ne sont pas nécessairement des machines. On trouve d’abord l’Odyssée, la première console. Il y en a dix exemplaires au monde. À côté, on a le prototype de cette console fait en 1968. Il a permis de démarcher pendant quatre ans un distributeur, Magnavox pour pouvoir distribuer la console aux États-Unis ».

La pièce la plus rare ? «  De loin, c’est le carnet originel de présentation de la Magnavox Odyssee où on trouve la signature de Nolan Bushnell. C’est le livre d’or des personnes qui sont venues voir le système Odyssée. Ce carnet avait été utilisé lors du premier grand procès du jeu vidéo, entre Magnavox et Atari pour prouver que Nolan Bushnell s’est fortement inspiré du jeu de Tennis de l’Odyssée pour faire Pong. Cela a abouti à une entente cordiale entre les deux sociétés. Nolan Bushnell avait alors fait un chèque de 700 000 dollars pour avoir le droit d’exploitation total sur son Pong ».. Plus émouvant, « on trouve aussi les croquis originaux d’Eric Chahi et le code assembleur de son jeu Another World ».

A 90%, ce stock provient d’une « collection privée » nous explique-t-on laconiquement « sauf certaines pièces comme le carnet donné par David Winter ».

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Premières impressions ? « On ne s’y attendait pas : les jeunes joueurs nés après les années 90 connaissent très très bien les jeux faits avant. C’est grâce à Internet et aux émulateurs. Voir un enfant sur le podium jouer à Galaxian ou Pac Man avec des parents derrière qui ont un grand sourire, pour nous c’est gagné. La cible qui nous intéresse, ce sont les parents de 30 ou 40 ans qui jouaient à l’époque et qui ont souvent été stigmatisés comme des adolescents boutonneux qui s’abrutissaient en jouant au jeu vidéo ».

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Un couac dans la mise en place de ce musée

La constitution de ce musée aura été ternir par un conflit avec la fameuse association MO5, qui œuvre pour la préservation de ce patrimoine ludique depuis 1996. On pourra sur ce thème lire les deux excellents papiers de 01net et  Bakchich.info qui racontent « le projet de musée a vu le jour à la suite d’une exposition sur place au cours de l’été 2009, "Rétrogaming" pour laquelle AO s’était alliée avec l’association historique MO5.com, qui possède le fonds vidéoludique le plus complet de France (consoles et jeux mêlés). En décembre, un appel à projets de "services innovants" du ministère de la Culture sème le trouble. AO dépose un dossier pour un musée sur le toit de l’Arche tandis que MO5 se positionne avec son musée virtuel, maquette pour un grand musée réel avec jeux jouables, le projet phare de l’association. Au retour des dossiers, MO5 apprend avec stupeur qu’AO a utilisé pour son dossier une lettre d’intention qui datait des suites de l’expo "Retrogaming", sans l’avoir tenue au courant ». Ambiance.

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Les années 80-90

Les organisateurs du musée de la défense tentent aujourd'hui de dégonfler ce mauvais épisode « On a travaillé avec MO5 pendant deux ans, l’année dernière sur l’exposition Rétrogaming 30 ans de jeu vidéo et au festival du jeu vidéo aussi. Sur ce musée-là, on devait être partenaire,  mais il y a eu des quiproquos et des problèmes de communication entre les deux entités. Alerte Orange est une société, MO5, une association, on n’est pas allé à la même vitesse. On n’est pas du tout en mauvais termes. Ils militent actuellement pour le montage d’un institut national dédié aux loisirs numériques, ils ont monté un comité d’experts pour cela. On soutient à 110%. ». Le gros couac de décembre médiatisé, bientôt corrigé ?

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Plus près de nous et bien loin des produits Magnavox

Les deux marronniers habituels, l’addiction et la violence dans le jeu vidéo ne sont pas présentés dans cette exposition permanente. « On a quelques extraits quand même de Serge Tisserond, Psychiatre, qui explique le fait que Mario est un peu les doudous virtuels de nos chères têtes blondes. On a un sujet sur la violence présenté sur l’écran tactile. Maintenant il n’y a pas de panneau dessus, mais il n’est pas question d’enjoliver non plus l’industrie. »

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(*) Un billet donne accès à l’ensemble des expositions présentées sur le toit ainsi qu’au Musée de l’Informatique 10€ - enfants et étudiants - 8€50 / gratuit pour les enfants de moins de 6 ans & personnes handicapées.
Publiée le 16/04/2010 à 17:33
Marc Rees

Journaliste, rédacteur en chef

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