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Stéphane Richard : la neutralité est consubstantielle à Internet

Consubstantielle, en un seul mot bien sûr

La neutralité des réseaux, ou neutralité du Net, est déjà l’un des thèmes majeurs de l’année 2010, que ce soit en France, en Europe et aux États-Unis. Entre l’ouverture des réseaux mobiles (VoIP, etc.) la question du filtrage et la mise en avant des plateformes légales, la question de la neutralité du Net est fondamentale.

Il y a Internet. Et Internet par Orange.

 neutralité interet orangeEn attendant le colloque international le 13 avril prochain organisé par l’ARCEP, cette dernière a décidé de mettre en ligne une série d'interviews vidéo de grandes personnalités du secteur. Et après Jean-Ludovic Silicani (président de l’ARCEP), Giuseppe de Martino (pour l’ASIC), le fameux Benjamin Bayart (FDN), Olivier Esper (de Google), Maxime Lombardini (Free), Bernard Miyet (SACEM) et Alain Bazot de l’UFC-Que-Choisir (voir un résumé des interventions), le dernier en date à avoir été interviewé est Stéphane Richard, le nouveau président de France Télécom (Orange).

Leader du marché de l’Internet et de la téléphonie mobile en France, Orange est de plus très présent dans certains pays d’Europe, ainsi qu’en Afrique. Son avis sur le neutralité du Net est donc capital, alors qu’un doute important existe sur le respect de ce principe dans le monde entier, y compris dans l’Hexagone.

Il faut absolument qu'Internet reste ouvert

« Pour moi, la neutralité, c’est tout simplement la façon de laisser Internet comme un espace totalement ouvert. C’est consubstantiel à Internet, et c’est ce qui a fait le formidable succès de cette technologie et de ces réseaux de communications depuis 10 ans, qui ont quand même changé un peu la face du monde. Et donc il faut absolument que cet espace reste ouvert, libre d’accès, qu’il n’y ait pas de forme de censure ou de sélection, en quoi que ce soit, par rapport à l’accès de l’information, à la capacité d’expression, de création sur Internet. »

Stéphane Richard donne comme exemple le secret de la correspondance sur la toile. Le président de France Télécom a ainsi rappelé tout son attachement sur ce sujet.

« Pour nous, la neutralité des réseaux est vraiment une caractéristique fondamentale de nos métiers, on y est très attaché, et on a envie d’y apporter une contribution majeure. »

Effacer les soupçons sur les opérateurs

Stéphane Richard est cependant revenu dans cette interview, plusieurs fois qui plus est, sur les différentes responsabilités des acteurs du secteur. Il a notamment insisté sur le rôle des opérateurs télécoms qu’il ne juge pas unique dans la neutralité du Net. De forts soupçons pèseraient ainsi sur les opérateurs. Or le patron d’Orange souhaite à tout prix les effacer.

« Le seul souci, le seul objectif des opérateurs, c'est le développement des réseaux, de l'Internet et de l'accès à Internet dans le monde. (…) Il n'y a aucune raison que pèse un soupçon sur les opérateurs de télécoms qui auraient le sombre dessein de vouloir restreindre l'accès à internet des uns et des autres. »

Le problème de la répartition des coûts et des gains

 neutralité interet orangeMais pour Stéphane Richard, si la neutralité du Net et le développement du Web sont des points capitaux, il faut aussi penser aux retours sur investissements. En effet, Orange ne souhaite pas dépenser des milliards en réseaux pour que finalement d’autres acteurs en profitent plus qu’ils ne devraient.

« Internet doit continuer à se développer dans la clarté mais aussi dans la justice. Il faut que chacun des acteurs qui contribuent au développement d'Internet s'y retrouve. On ne peut pas fonder le développement de ce mode de communication fantastique et planétaire qu'est Internet aujourd'hui sur le vol ou sur des comportements qui finissent toujours par utiliser, à leur détriment, tel ou tel des acteurs de la chaine. »

La taxe Google

Un débat qui n’est pas nouveau, puisque Didier Lombard, l’ancien patron de France Télécom, avait déjà abordé le sujet l’année dernière (et même en 2007), se plaignant de devoir dépenser des milliards en réseaux pour finalement que des géants comme Google en profitent. Quelques mois plus tard, l’idée d’une taxe sur la publicité des sociétés du Web (la fameuse taxe Google) a vu le jour. Et sans surprise, Stéphane Richard s’est montré plutôt favorable à une telle taxe.

On se rappellera qu’en octobre dernier, Benjamin Bayart, le président de FDN (French Data Network), avait assez bien résumé le sujet : « La neutralité du Net permet l’innovation sans permis. (…) Le réseau en France, le réseau fixe, est extrêmement neutre. » 
Nil Sanyas

Journaliste, éditorialiste, créateur des LIDD. Essentiellement présent sur Google+.

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Publiée le 07/04/2010 à 10:22

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