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Censure en Chine : Sergey Brin (Google) critique Microsoft

MS n'est pas sado-maso

Google chineUne « guerre » d’argumentation voire de philosophie commence à naître au sein des sociétés américaines vis-à-vis de la Chine. Après le coup de gueule de Google et sa récente redirection de Google.cn vers sa version hongkongaise (non censurée), voilà que l’un de ses co-fondateurs, Sergey Brin, a récemment accusé Microsoft de ne pas assez défendre les droits de l’Homme et la liberté d’expression. Est-ce une réelle critique ou une simple attaque envers une entreprise concurrente sur bien des marchés (OS, suite bureautique, moteur de recherche, courriels, etc.) ?

Le profit avant toutes choses

Sergey Brin s'est ainsi dit avant-hier très déçu par Microsoft. « J'espérais que les grandes entreprises ne placeraient pas le profit avant toutes choses. Généralement, les entreprises doivent faire attention à comment et où leurs produits sont utilisés. »

Microsoft a rapidement réagi, en maintenant sa ligne de conduite, c’est-à-dire celle de s’adapter à chaque marché local. Un porte-parole de la firme de Redmond a ainsi servi la soupe habituelle, tout en langue de bois : « Nous apprécions que d’autres sociétés prennent des décisions différentes en fonction de leurs propres expériences et opinions. Nous faisons des affaires en Chine depuis plus de 20 ans et nous entendons poursuivre nos activités là-bas. »

Le porte-parole de MS a de plus rajouté que sa société discutait régulièrement avec la Chine au sujet de la liberté d’expression.

Suivre Google ne serait pas sans conséquence

Dominé par Baidu et Google, la recherche en ligne en Chine ne laisse pourtant que peu de place pour Bing, le moteur de Microsoft. Mais pour la firme de Redmond, le problème est ailleurs. Ces derniers mois ont en effet vu Google perdre des partenaires chinois à cause de ses engagements trop forts contre le gouvernement chinois. Or Microsoft ne va certainement pas sacrifier ses affaires là-bas uniquement pour son moteur de recherche utilisé par une part infime des internautes chinois. Microsoft craint donc plutôt les conséquences collatérales d’un suivisme de Google.

Hormis médiatiquement, la lutte de Google en Chine est pour le moment un échec. Le gouvernement US ne s’est pas réellement impliqué, même si le Sénat américain vient d’ouvrir une commission d’enquête sur « la liberté sur Internet en Chine ». Mais surtout, les autres entreprises étrangères n’ont pas changé d'un iota leur façon de fonctionner dans le pays le plus peuplé du monde.

Outre Microsoft, MySpace, Yahoo! et Cisco continuent leurs activités en Chine, sans prendre en compte les dernières impulsions de Google. Yahoo!, désormais partenaire de Microsoft dans la recherche, ne pouvait avoir une position différente. Quant à Cisco Systems, sa présence en Chine est ancienne, et les questions  de certains actionnaires sur ses activités en Chine ne l’empêcheront pas de continuer son chemin. 

Google isolé ?

Certains diront que Google n’est pas réellement seul au monde, et que le spécialiste du nom de domaine GoDaddy a récemment annoncé qu’il arrêterait d’enregistrer de nouveaux noms de domaine en .cn, du fait des nouvelles règles mises en œuvre par le gouvernement chinois. Mais GoDaddy n’a pas la même aura qu’un Google, malgré son importance sur le Net mondial. Mais son poids en Chine est par contre minime. L’arrêt de la vente des .cn par GoDaddy n’y aura donc aucune influence concrète.

Pour que le géant de la recherche sur le Web ne se sente plus seul, il faudrait que la rumeur laissant entendre que Dell pourrait reporter ses investissements chinois en Inde soit confirmée. Mais ce n’est pas encore le cas.

En attendant, Google reste donc seul au monde. Nous pouvons néanmoins nuancer cette information en précisant que si aucune société étrangère en Chine n’a pour le moment suivi Google, certaines n’y sont pas encore rentrées non plus, à l’instar des réseaux sociaux Facebook et Twitter. Ces sociétés refusent de se plier aux exigences des autorités chinoises. 
Source : Guardian
Nil Sanyas

Journaliste, éditorialiste, créateur des LIDD. Essentiellement présent sur Google+.

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Publiée le 26/03/2010 à 12:22

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