S'identifier / Créer un compte
  • Actualités
  • Dossiers
  • Tests
  • Commentaires
  • INpactiens
Publicité

Xavier Niel prédit une hausse de 5 euros des forfaits triple-play

1er avril avant l'heure ?

xavier nielHier, lors de la présentation des résultats financiers d’Iliad, Xavier Niel, son fondateur, prévoit une hausse généralisée de cinq euros sur les abonnements triple-play actuels. Une cause logique pourrait être la source de cette inflation qui amènera la plupart des FAI à proposer leur abonnement à 35 euros : la taxe pour compenser l’arrêt de la publicité sur France Télévisions. Autre cause, moins « logique » et propre à Free cette fois, l’UFC-Que Choisir et ses multiples attaques envers l’opérateur.

« Avant la fin de l'année, le prix du triple-play va monter » a ainsi annoncé le dirigeant d’Iliad, même si cette hausse pourrait ne concerner que les nouveaux abonnés. « Je ne vous dis pas qu'on la suivra sur l'essentiel du parc, mais les nouveaux abonnés risquent d'être concernés. »

Une hausse des prix prévue depuis deux ans déjà

Les FAI avaient déjà prédit cette hausse. Yves Le Mouël, le directeur général de la Fédération française des télécoms (FFT), expliquait ainsi il y a deux ans : « Nous protestons vigoureusement contre cette taxe discriminatoire. (...) C’est un impôt nouveau, unique au monde ! (...) Les opérateurs sont bien décidés à faire supporter cette taxe par le client, sur sa facture, ce qui n’est pas une bonne nouvelle, ni pour le pouvoir d’achat, ni pour le développement de l’économie numérique. »

Pourtant, cette taxe de 0,9 % ne représente que quelques dizaines de centimes sur un abonnement à 30 euros par mois. Et donc une poignée d’euros sur un an.

Frank Esser, le président de SFR, toujours en 2008, avait d’ailleurs lui aussi prévu de répercuter cette taxe sur les factures : « Pour SFR mobile le coût de la taxe serait de 70 millions d'euros par an, soit l'équivalent de presque 10 % de nos investissements. C'est loin d'être « infinitésimal ». Au final, c'est encore le consommateur qui va payer. Soit nous allons devoir lui répercuter cette taxe, ce qui équivaut à 14 euros par an par foyer. Soit nous serons contraints d'investir moins dans nos réseaux, et c'est encore le client qui paiera, car il aura une moins bonne qualité de service ! »

Même si le secteur est différent – Esser parle ici de SFR en tant qu’opérateur mobile, et non FAI – le patron de la société au carré rouge prévoyait donc un impact de 14 euros par an et par foyer, soit 1,16 euro par mois. Nous sommes donc très loin des 5 euros annoncés par Xavier Niel.

Les multiples désapprobations de Viviane Reding

« On ne peut pas travailler à résoudre le problème du haut débit en France et en même temps ajouter encore une taxe supplémentaire » argumentait-elle déjà en avril 2008.

Deux mois plus tard, bis repetita : « La dernière chose à faire est de taxer les opérateurs. C'est là-dessus que j'ai exprimé de très forts doutes quant aux instruments proposés par le rapport Copé. Le problème n'est pas le niveau de la taxe, c'est une question de principe. »

Enfin, plus récemment, en janvier dernier, la parole est devenue acte, puisque la Commission européenne a engagé « une action contre la France concernant la "taxe télécoms" (…) [qui] constitue en réalité une charge administrative incompatible avec le droit européen ».

Viviane Reding a profité de l’occasion pour tacler à nouveau cette taxe France TV : « Non seulement cette nouvelle taxation des opérateurs ne semble pas compatible avec les règles européennes, mais elle vient frapper un secteur qui est aujourd'hui l'un des principaux moteurs de la croissance économique. De plus, le risque est grand que la taxe soit répercutée vers les clients, alors que nous cherchons précisément à faire baisser la facture des consommateurs, à travers la réduction des prix de terminaison d'appel ou la diminution des coûts des appels téléphoniques mobiles, des transferts de données ou des envois de textos en itinérance. »

L’UFC-Que Choisir, le coupable idéal ?

Outre la taxe France TV, l’association de défense des consommateurs est tout aussi coupable (si ce n’est plus) de cette future hausse de tarifs juge Xavier Niel. Pour ce dernier, l'UFC-Que Choisir considère « qu'il y a un acteur qui fait trop parler de lui, qui est trop consumériste et qui mange un peu sur ce qu'ils font ».

En fait, l’un des problèmes pour Xavier Niel est que « l'UFC Que choisir exige que l'on fournisse aux abonnés des factures au format papier ». Une exigence jugée inutile, les clients s’accommodant parfaitement des factures en ligne.

En conclusion, l’augmentation des tarifs des forfaits serait en fait « fixée par l'UFC ».

Une conclusion peu appréciée par l’association. Pour Édouard Barreiro, le porte-parole de l’UFC, ces critiques sont « absurdes et ridicules ». Les autres FAI proposent déjà des factures papiers sans que cela ne pose problème, et il ne s’agit pas d’une obligation mais d’une option possible pour les abonnés rappelle-t-il.

« Je ne vois pas parmi ce que l'on demande ce qui ferait augmenter les prix » a-t-il ainsi affirmé, étonné par cette logique de Free.

Alain Bazot, le président de l'UFC, est pour sa part allé dans le même sens que Barreiro : « Notre seule exigence envers Free est qu'il fournisse une facture à ses clients, il n'a jamais été question de la rendre obligatoire au format papier. Si Free tente de trouver des excuses pour augmenter ses tarifs c'est qu'il a mal évalué son équation économique. »

Les FAI, ces sociétés contradictoires

Ce débat sur la hausse des tarifs est en tout cas très étonnant. D’un côté, certains FAI ont déjà prouvé qu’une telle démarche était possible. Ainsi, récemment, nous avons vu :
Mais ces dernières années, les FAI ont aussi adopté des positions inverses, afin d’attirer les clients des concurrents :
Et avec l’essor des offres quadruple-play, que ce soit chez Bouygues Telecom avec Ideo, la future offre d’Orange et celle assez probable de SFR, les tarifs pour des services similaires sont tirés vers le bas. Une augmentation généralisée des prix serait donc assez étonnante, d’autant plus que malgré la forte concentration des FAI ces dernières années, la concurrence reste forte.

Pire encore, ces derniers trimestres, Free est largement devancé par SFR et Orange en matière de recrutement de nouveaux abonnés. Même Bbox, l’offre de Bouygues Télécom, a attiré plus d’abonnés ces derniers mois. Une augmentation de tarifs chez Free serait donc insensée, alors que le FAI accuse le coup, et qu’Alice perd chaque trimestre des dizaines de milliers d’abonnés. 
Nil Sanyas

Journaliste, éditorialiste, créateur des LIDD. Essentiellement présent sur Google+.

Google+

Publiée le 24/03/2010 à 12:08

Soutenez l'indépendance de Next INpact en devenant Premium

  • Tout le contenu de Next INpact sans pub
  • Et bien plus encore...
;