La publicité pour la tablette d'Orange Tabbee sexiste ? (MàJ)

Heureusement, le ridicule ne tue pas 237
Mise à jour (2 mars 2010).

Contacté par PC INpact, Orange a souhaité réagir à cette nouvelle.

« Orange Vallée a pris note de la décision du Jury de Déontologie Publicitaire à l'encontre d'une des annonces de la campagne d'Orange Vallée liée au Tabbee. En effet, il ne s'agit pas de la campagne dans sa globalité mais une bannière parmi six. Cette bannière n'est plus en ligne depuis le 11/12/2009.

Orange Vallée ne souhaite en aucun cas, heurter la sensibilité de certaines personnes et leur donner, à travers la relation homme-femme mise en avant dans cette campagne, le sentiment d'une quelconque dévalorisation.
»



Article publié le 1er mars 2010.

En attendant l’iPad d'Apple, Orange met les bouchées doubles avec sa tablette Tabbee, qui, elle, est déjà disponible depuis un moment. Plusieurs publicités sont ainsi visibles un peu partout sur le Net afin de vanter le produit de l’opérateur français. Et si deux vidéos ci-dessous font polémiques, une image a poussé certains citoyens à porter plainte.




Le message de l’image est dans la même veine que les vidéos : « Pour un homme être instantané, ça arrive souvent au lit. Pour une femme, c’est que tout soit à portée de main. Enfin une technologie aussi évoluée que la femme. »

Saisi les 11 et 17 décembre dernier par deux particuliers différents, le Jury de Déontologie Publicitaire a donc dû se pencher sur cette image (et non pas les publicités vidéos), afin de vérifier leur « conformité aux règles déontologiques en vigueur ».

Insultés et rabaissés en tant qu'hommes

Présentant différentes femmes avec toujours le même slogan, cette image aurait choqué certains hommes, semble-t-il sans grand humour. « Les plaignants considèrent que cette campagne est sexiste car elle laisse supposer que l’homme n’a pas le même niveau d’évolution que la femme » auraient ainsi argumenté les plaignants.

« Ils indiquent se sentir insultés et rabaissés en tant qu’hommes. Selon leur lecture du message, « (…) celui-ci suggère que pour un homme, la notion d’instantanéité est liée à une performance sexuelle déficiente (…) ». Cela impliquerait que la femme n’est pas concernée car, être instantanée, pour une femme est autre chose. Ils soulignent également qu’aucun élément dans ce message ne pourrait permettre d’en avoir une lecture « au second degré ». »

Cette publicité cautionne l'idée d'infériorité de l'homme

Mais le plus surprenant reste la réponse du Jury. Ce dernier considère ainsi que :
  • Les plaintes sont fondées ;
  • Le message publicitaire en cause contrevient aux dispositions du point 2-2 de la Recommandation Image de la Personne Humaine de l’ARPP
Quel est ce fameux point 2-2 de la Recommandation Image de la Personne Humaine de l’ARPP, l’Autorité de Régulation Professionnelle de la Publicité ?

« La publicité ne doit pas cautionner l’idée de l’infériorité d’une personne en raison de son appartenance à un groupe social, notamment en réduisant son rôle et ses responsabilités dans la société. »

Une description pourtant propre à la quasi-totalité des publicités pourrait-on penser…

L'humour décalé, pas pour tout le monde

Or pour le Jury de Déontologie Publicitaire, « il relève que la publicité en cause, dont le message n’a aucun rapport avec le produit dont il est censé faire la promotion, et qui ne saurait se réclamer de l’humour décalé, véhicule en se référant à des stéréotypes caricaturaux, une image particulièrement dévalorisante de l’homme ».
Publiée le 02/03/2010 à 11:27
Nil Sanyas

Journaliste, éditorialiste, créateur des LIDD. Essentiellement présent sur Google+.

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