IDéNUM : l'État veut certifier votre identité numérique

Label ou la bête ? 136
La secrétaire d'État à l'Économie numérique Nathalie Kosciusko-Morizet a présenté IDéNum, projet d'identité numérique qui sera testé dès la fin de l’année 2010. Le système veut simplifier pour l’internaute sa gestion des mots de passe.

Plutôt que s’identifier sur plusieurs sites différents, avec autant de mots de passe, IDéNum permettra à l’internaute de connecter un support physique (par exemple un téléphone mobile, une clef USB, etc.) contenant un certificat et d’entrer un seul code. Ceci fait, il sera automatiquement identifié auprès de tous les prestataires partenaires de l’opération. Des démonstrations ont eu lieu avec des administrations, mais aussi des sociétés privées comme eBay ou Priceminister. NKM promet un niveau de protection identique à celui de la carte bancaire, avec des garanties similaires puisqu’il sera possible de faire opposition en cas de perte ou de vol. 

L’État qui surveille, l’État qui certifie

Le service sera mis en œuvre sauf contretemps, d’ici 2011. Difficile de prédire un succès à ce mécanisme : dans le ressenti des internautes, l’État qui surveille (LOPPSI, ARJEL, HADOPI, LSQ, etc.) peut-il être l’État qui sécurise via un service unique de gestion d’une identité numérique ? La question de la confiance sera évidemment l’étape la plus difficile à passer avec celle de l’approche économique, puisqu’IdéNum sera payant (le modèle économique n’est pas encore connu)

Réinventer la roue

En outre, rappelons que plusieurs initiatives avaient été lancées autour de l’identité unique : Facebook Connect, Live ID qui s’appuie sur l’authentification unique, ou le projet Open ID qui permet d’avoir un seul identifiant à utiliser par tous les prestataires compatibles avec ce système. Contrairement à IDéNum, toutes ces solutions sont gratuites. Autant dire qu’IDéNum part avec quelques handicaps.
Publiée le 02/02/2010 à 09:40
Marc Rees

Journaliste, rédacteur en chef

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