Piratage : 150 internautes anglais injustement accusés ?

vrai négatif 200
Parmi les principales critiques qui ont été faites sur Hadopi, la forte possibilité qu’il y ait des faux positifs a été maintes fois mis en avant. Recevoir une lettre d’avertissement alors que l’on a strictement rien téléchargé illégalement a de quoi énerver. Et nous ne parlons même pas de la coupure de la ligne. Seuls moyens de se protéger : présenter son disque dur (???) ou installer un logiciel de sécurisation. Charmant.

angleterre royaume uni lord mandelsonOr si Hadopi ne sera pas mis en place avant plusieurs mois en France, outre-Manche, certains internautes reçoivent déjà de jolies lettres. Non pas pour les avertir, car le concept de riposte graduée n’est pas non plus encore en place au Royaume-Uni et fait l’objet de longs débats, mais pour régler à l’amiable leurs différends, et éviter un procès.

Accusés d’avoir téléchargé et/ou partagé illégalement de la musique, des vidéos ou des jeux, ces internautes anglais sont donc aussi menacés d’aller devant les tribunaux. Pour éviter ce genre de désagrément, à l’instar de ce qui s’est fait aux États-Unis (avec la RIAA), il leur est proposé de payer une certaine somme. Certains ont ainsi pu régler leur affaire pour 500 £ (soit 580 €), selon Which?, association anglaise de défense des consommateurs.

Mais ce dernier a eu la surprise de constater que plus de 150 internautes anglais ont reçu cette fameuse lettre sans raison, sur près de 10 000 personnes déjà contactées. D’après ces internautes, ils n’ont strictement rien fait d’illégal, et il est donc hors de question de devoir payer plusieurs centaines de livres sterling aux ayants droit, et encore moins d’aller devant les tribunaux.

« Plus de 150 personnes se sont déjà tournés vers Which? pour recevoir de l'aide. Nous aimerions voir une fin à ces lettres envoyées à des personnes innocentes et nous encourageons les détenteurs de droit d’auteur à concentrer leur attention sur ceux qui enfreignent constamment la loi » a ainsi commenté l’association.

Reste que les internautes (injustement ?) accusés ne savent pas forcément comment réagir après avoir reçu une telle lettre. Pour éviter divers tracas futurs, certains pourraient ainsi payer la note. Même s’ils sont innocents… Un scénario que craint l’association, qui espère bien qu’ACS Law, la société londonienne à l’origine des lettres, laisse tranquille ces internautes innocents. 
Publiée le 28/01/2010 à 14:49 - Source : Generation NT
Nil Sanyas

Journaliste, éditorialiste, créateur des LIDD. Essentiellement présent sur Google+.

Soutenez nos journalistes

Le travail et l'indépendance de la rédaction dépendent avant tout du soutien de nos lecteurs.

Abonnez-vous
À partir de 0,99 €

Publicité