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Édito : faut-il se désinscrire et boycotter Facebook et Google ?

Il est fou Afflelou, il est fou !

Faut-il boycotter les réseaux sociaux comme Facebook, voire éviter d’utiliser tous les services de Google ? Si pour beaucoup, cela relève de l’impossible, tant ils en sont dépendants, il faut pourtant bien se poser la question. Mais pourquoi donc ?

Notre principal ennemi : nous-mêmes

Pour des raisons de monopole ? Non, même si avec un peu de oui quand même, cette situation pouvant poser de graves problèmes dans le futur. Pour des raisons de confidentialités ? Là encore, oui et non. Mais j’y reviendrai plus tard.

Pourquoi donc alors ? Il y a deux raisons à mon goût qui pourraient pousser vers une telle « extrémité ». La première, est que des centaines de millions d’internautes à travers le monde utilisent ces services et dévoilent des informations confidentielles, non pas à leur insu, mais en totale connaissance de cause. La deuxième raison est que les présidents de Google et Facebook s’en sont rendus compte. C’est un problème.

Il n’est pas ici question d’éduquer les Internautes sur ce qu’ils doivent ou non publier sur la toile. Ils le savent. Et ils s’en fichent éperdument.

Ici, il est en fait question de se protéger de nous-mêmes. À force d’utiliser quasiment (et exclusivement) tous les services d’une même société (pour Google) ou de dévoiler un peu plus chaque jour nos informations personnelles (pour Facebook), sans nous en rendre compte, nous créons de nous-mêmes un super-Echelon. Ce « nous » est évidemment impersonnel, et ne nous vise pas particulièrement (rédacteurs et lecteurs de PC INpact). Il cible les Internautes dans leur ensemble.

Plus le temps passera, plus ce qui paraissait anormal hier deviendra une norme demain. Là où aujourd'hui nous trouvons anormales certaines rétentions d'informations, nous nous demanderons demain pourquoi nous pensions de cette façon. Plus les années s’écouleront, et plus l’être humain dans son ensemble se piègera tout seul, sans l’aide de personne. Tout du moins si rien ne change et si nous n'y prenons pas garde. Le rêve de bien des dirigeants machiavéliques, et un scénario paranoïaque parfait digne d’une nouvelle de Philip K.Dick.

Point besoin de menace terroriste ou de violences urbaines pour réussir à imposer la mise en place massive de caméras dans les rues, de détecteurs un peu partout ou de contrôles policiers fréquents. Les Internautes, principalement via Google et Facebook, arrivent très bien à se surveiller eux-mêmes, ou tout du moins à offrir une fenêtre ouverte sur leur intimité.

Et que ce soit Eric Schmidt ou Mark Zuckerberg, les patrons respectifs de Google et Facebook, les Internautes ont déjà entreouvert cette fenêtre, tout à fait sciemment.

Eric Schmidt a ainsi affirmé il y a près d’un mois : « Je pense qu'il faut faire preuve de jugeote. S'il y a quelque chose que vous faites et que personne ne doit savoir, peut-être qu'il faudrait commencer par ne pas le faire. Si vous avez besoin qu'on respecte à ce point votre vie privée, le fait est que les moteurs de recherche – y compris Google – enregistrent et conservent des informations pendant un certain temps. Il faut bien réaliser qu’aux États-Unis, nous sommes soumis au Patriot Act et qu'il est donc possible que toutes ces informations soient mises à la disposition des autorités si elles les demandent. » Une remarque qui a poussé un employé de Mozilla, pourtant très dépendant de Google financièrement, à conseiller Bing…

Quant à Mark Zuckerberg ses propos il y a quelques jours à peine (raison de cet édito) ne méritent pas non plus beaucoup de commentaire : « Les gens sont désormais à l'aise avec l'idée de partager des informations de différents types, et ce, de manière plus ouverte et avec davantage d'internautes. Cette norme sociale a simplement évolué ces dernières années. » Les dernières modifications dans Facebook n’ont ainsi fait que réfléter « les normes sociales actuelles » s’est défendu Zuckerberg. Un constat (?) inquiétant, n’est-il pas ?

On peut alors se demander à quoi nous devons nous attendre dans les cinq à dix ans à venir, soit l’équivalent d’un siècle sur Internet. Quand on sait que d‘ici cette période, la fibre optique devrait concerner des centaines de millions d’internautes dans le monde, pour de futurs usages que l’on ne connait même pas encore… Des usages qui pourraient bien rentrer un peu plus encore dans nos foyers. Des usages qui seront sans aucun doute exploités par Google et Facebook. De quoi cibler leurs publicités comme jamais.

Et quand on sait que Google peut devenir une véritable drogue - plus on utilise ses services, plus les chances d’adhérer à ses autres services sont grandes - s’éloigner du géant du Web, ne serait-ce que par prévention, peut paraître sage. Même si très difficile.

En effet, ici, nous ne discutons pas de la qualité des services, ni même des politiques des confidentialités de ces entreprises en fait - on peut aisément faire avec, en faisant attention et en maîtrisant ses informations, en tout cas pour le moment. Et donc parler de boycott peut paraître masochiste en quelque sorte aux yeux de certains. Pour beaucoup d’Internautes, abandonner Facebook, et surtout Google, est impensable, et changer ses habitudes est tout sauf une formalité. Mais si un boycott intégral et instantané n’est pas simple, il est toujours intéressant de tester des concurrents, afin de varier les plaisirs.

(Musique de Mission Impossible) Je vous donne donc une mission : donner, tester et commenter tous les concurrents des services de Google (Facebook étant un cas à part), de Maps à Gmail, en passant par Docs, Actualités (News), Blogger, iGoogle, Google Finance, Reader, Analytics, et le moteur de recherche (texte, image, vidéo, etc.) lui-même. Bien sûr, abandonner tous les services de Google pour ceux de Bing (Microsoft) ne changerait rien au problème. Logique similaire pour un autre concurrent.

Les brèves évoluent

Vous l’avez remarqué tout le long de cette semaine, nous avons opéré quelques modifications aux brèves. Les membres Premium auront plus spécialement noté (ou pas) dans leurs options qu’il est possible d’afficher 15 brèves au lieu des deux flux RSS (et 5 brèves).

D’autres évolutions devraient voir le jour pour les brèves. Mais je ne vous dis rien, surprise.
Nil Sanyas

Journaliste, éditorialiste, créateur des LIDD. Essentiellement présent sur Google+.

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Publiée le 16/01/2010 à 12:01

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