Android Market : un éditeur de jeux réduit ses investissements

La plateforme moins rentable que prévu 119
motorola androidGoogle a le vent en poupe. La firme le possède en fait depuis des années, montrant à qui mieux mieux que les bons résultats peuvent s’enchaîner et que les bénéfices peuvent tout aussi bien grimper à chaque trimestre. Le succès grandissant d’Android, l’arrivée du navigateur Chrome sur les plateformes Linux et Mac OS X, et maintenant Chrome OS : l’avalanche continue. Mais tout n’est pas rose pour autant, en particulier pour Android.

Ce système de type Linux complètement transformé par Google pour les téléphones mobiles reçoit depuis quelques mois un support croissant des constructeurs. Gratuit, malléable et évoluant rapidement, des sociétés comme Motorola se détournent de Windows Mobile pour Android. De plus, le système d’exploitation de Google s’accompagne d’une boutique en ligne pour les applications.

Renouveler le succès de l'App Store, encore et toujours

Depuis qu’Apple a montré le succès potentiel de l’App Store, nombreuses sont les sociétés à vouloir réitérer ce succès. Mais l’Android Market est une démonstration de la complexité de l’opération. Il ne suffit pas en effet d’avoir un nombre conséquent d’appareils compatibles, même si c’est une condition importante. Conditions de publication des logiciels, présentation, audience, cohérence de l’infrastructure de développement : tout le monde n’est pas forcément heureux, et c’est le cas de la société Gameloft.

Le nom de cet éditeur vous parlera peut-être, car il apparaît souvent dans des publicités pour des jeux sur téléphones mobiles. C’est une spécialité de l’éditeur et lorsqu’une nouvelle plateforme apparaît, comme l’iPhone, Android ou Windows Mobile 6.5, des titres sont proposés dans les boutiques associées. Sauf que voilà, Gameloft vient d’annoncer qu’elle allait réduire fortement ses investissements sur la plateforme Android.

Android Market moins rentable que prévu

Alexandre de Rochefort, directeur financier de Gameloft, a ainsi annoncé durant une conférence d’investisseurs : « Nous avons réduit significativement nos investissements sur la plateforme Android, juste comme… beaucoup d’autres ». Une phrase qui laisse planer le doute sur le sérieux des investissements qui peuvent être faits à destination de l’Android Market.

Mais pourquoi ? C’est un fait un mélange de raisons pour Gameloft. Premièrement, Alexandre de Rochefort estime que Google n’est pas une société très douée pour communiquer une réelle envie d’acheter ses produits. C’est clairement un facteur qui la différencie d’Apple. De fait, le nombre de téléphones Android n’est pas forcément ce qu’il devrait être. Deuxièmement, il y a des limitations techniques. Le SDK est décrit comme trop limité pour les jeux, et le recours trop courant à Java pour les applications ludiques aurait un impact négatif sur les performances.

Rien n'est définitif

Il est clair qu’Apple a pris de l’avance. L’iPhone 3GS est performant et la mise à jour 3.0 de la version modifiée de Mac OS X a largement complété les possibilités pour les jeux.

Communication entre les téléphones, possibilité d’acheter des compléments pour les titres déjà installés, etc. Mais la version 2.0 d’Android, alias Eclair, sera bientôt là et la société a montré qu’elle s’investissait. Certes, la plus grande partie des améliorations à venir est surtout dédiée au monde professionnel. Toutefois, plus les constructeurs comme Motorola, Samsung et Sony Ericsson lanceront de nouveaux modèles sous Android, plus la base d’utilisateurs augmentera, plus les revenus potentiels des tiers également.

C’est en définitive là que tout se rejoint bien sûr : l’Android Market ne tient pas vraiment ses promesses de rentabilité. Pour Gameloft, l’iPhone permet d’écouler 400 fois plus de jeux qu’avec Android. Le téléphone d’Apple représente même 13 % de son chiffre d’affaires (sur le dernier trimestre fiscal).

Comme le disait Cervantès, il faut peut-être simplement « laisser le temps au temps ».
Par Vincent Hermann Publiée le 20/11/2009 à 16:21 - Source : Reuters
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