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Les pirates, des planqués voleurs totalitaires et dénonciateurs

Elu maître du troll de la décennie

Comme nous venons de vous l'annoncer, le SNEP, le Syndicat national de l'édition phonographique, a publié les très mauvais chiffres des ventes de musiques (physiques et numériques) en France. Lors de la présentation de ces résultats, Christophe Lameignère, le président de Sony Music France et patron du SNEP, a profité de l'occasion pour dire tout le bien qu'il pensait des personnes anti-Hadopi. 

Ce coup de gueule est relayé par le Nouvel Obs, hebdomadaire dont le Directeur de publication n'est autre qu'un certain Denis Olivennes, chargé de mission en 2007 pour régler le problème du téléchargement illégal (et à l'origine d'Hadopi), alors qu'il était à cette époque le président de la FNAC. 
 

Voici l'intégralité des propos de Christophe Lameignère pour les personnes ne pouvant visionner cette vidéo du Nouvel Obs.

« Je trouve incroyable qu'on se fasse donner des leçons par certains, des leçons de morale en disant que nous sommes des producteurs, que les artistes s'engraissent, que les producteurs sont des intermédiaires inutiles, qu'on est rétrograde. Et bientôt qu'on va être anti-démocratique alors que, parallèlement à ca, ceux qui nous donnent ces leçons, d'abord n'ont jamais rien fait pour la création eux-mêmes, mais en plus, sont des voleurs à la petite semaine.

Première chose, ils attaquent les artistes directement, juste parce qu'ils ont une opinion. Ils ont une opinion et certains artistes sont... pas certains artistes, tous les artistes, et certains plus fort que d'autres, sont déterminés en faveur de cette loi. (...)

 On a là une attitude qui est complètement totalitaire. D'un côté, on donne des leçons et de l'autre côté, on stigmatise l'opinion, en disant « attention, ces gens là sont pour la loi, ces gens là veulent vous empêcher de pirater, ces gens là sont des rétrogrades. Boycottez leur travail », et aujourd'hui, appeler à boycotter un artiste parce qu'il a une opinion, parce qu'il a exprimé cette opinion, et mettre une pression sur ces gens là parce qu'ils expriment une opinion, je trouve ca scandaleux, surtout de la part de gens qui, de leur côté, n'apportent strictement rien à la création à part des solutions à l'emporte pièce pour favoriser les technologies à n'importe quel prix au détriment de la création et des artistes. (...) 

Ces gens sont planqués derrière leurs ordinateurs, ils prennent des pseudonymes, parce que contrairement à l'image que l'on a du pirate romantique, ce sont des voleurs à la petite semaine, qui n'ont aucun courage et qui sont planqués derriere leurs ordinateurs et qui ne vont absolument pas... (...) 

Par contre, ils proposent de faire le outing des députés qui vont voter cette loi, vous vous rendez compte ? Ils dénoncent ! Ce sont des gens qui sont dans le principe de la dénonciation. Et je pense qu'il faut le dire, il faut le dire qu'on ne peut pas avoir confiance dans des gens qui dénoncent. Voila. Et qui refusent de s'identifier.
 »

 Résumons. Pour le patron de Sony Music France, les pirates et les anti-Hadopi :
  • sont des donneurs de leçons
  • n'ont jamais rien fait pour la création
  • sont des voleurs à la petite semaine
  • attaquent les artistes pro-Hadopi
  • sont pour le boycott des artistes pro-Hadopi
  • impriment une pression sur les artistes pro-Hadopi
  • ont une attitude complètement totalitaire
  • stigmatisent l'opinion
  • n'apportent strictement rien à la création
  • n'apportent que des solutions à l'emporte pièce
  • sont planqués derrière leurs ordinateurs
  • n'ont aucun courage
  • dénoncent les députés pro-Hadopi (attention au point Godwin)
  • refusent de s'identifier
Doit-on expliquer à Christophe Lameignère que l'on peut être anti-Hadopi et :
  • être contre le téléchargement illégal (donnée assez incomprise par les pro-Hadopi)
  • être soi-même un artiste et donc bien participer à la création (exemple)
  • s'identifier officiellement, comme l'ont fait de nombreuses personnalités, énormément d'internautes et même certaines presses
  • proposer des solutions adaptées aux besoins des consommateurs, et non aux comptables des maisons de disques
  • proposer des solutions adaptées aux artistes, et non aux salaires de certains dirigeants de majors
  • informer la population avec des données précises et complètes sur les risques d'Hadopi, et non des sondages orientés ou une liste de 10 000 signataires très critiquable
Ils auraient vendu du beurre aux Allemands pendant la guerre

Pire encore, d'après le site de Metro, le président du SNEP aurait affirmé que « ces gens-là, ils auraient vendu du beurre aux Allemands pendant la guerre ». Une subtile remarque qui n'apporte pas grand chose au débat.

Enfin, sachez que Christophe Lameignère, selon Le Monde, a une explication toute simple des mauvais résultats du premier semestre 2009. Pour le président de Sony Music France « les altermoiments sur Hadopi (...) ont donné un regain de vivacité aux pirates ». Élémentaire mon cher Watson, si les ventes ont chuté, c'est parce que la loi Création et Internet a trop tardé à se mettre en place et qu'elle a généré bien trop de débats. Logique implacable.

« Notre offre légale fait toujours face à la concurrence déloyale des échanges illégaux de fichiers musicaux en ligne » note-t-il. L'écart entre l'offre légale et illégale n'est-elle justement pas le problème ? Au lieu de vouloir lutter contre l'offre illégale, où les maisons de disque n'ont que peu de pouvoir (Hadopi ou non), développer l'offre légale comme le souhaitent les consommateurs ne serait-il pas plus simple ?
Nil Sanyas

Journaliste, éditorialiste, créateur des LIDD, aime les interviews insolites et les tablettes tactiles (malgré leurs défauts). Essentiellement présent sur Google+.

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Publiée le 10/09/2009 à 11:34

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