Un supercalculateur à 10 pétaflops, sans processeur vectoriel

Scalaire de rien 72
L'Institut de recherche physique et chimique du Japon, plus communément appelé RIKEN, vient de boucler ses décisions quant au prochain supercalculateur dont il souhaite s'équiper. La bête sera fonctionnelle en 2012, et aura une puissance de calcul de 10 petaflops.

RIKEN supercalculateur
Le bâtiment du supercalculateur et ses colonnes de serveur de calcul (images de synthèse)
RIKEN supercalculateur

Mais la particularité très spéciale de cette machine, c'est qu'elle n'exploitera aucun processeur vectoriel pour atteindre une telle puissance. Les premiers projets comptaient fabriquer un supercalculateur hybride (scalaire et vectoriel), très tendance actuellement, notamment grâce à l'arrivée des GPU dans le secteur. L'entreprise Nec devait se charger de fournir les puces vectorielles, mais s'est récemment déclarée dans l'incapacité de participer à l'étape de fabrication du projet.

Mais l'impossible n'est pas japonais (non plus). Les chercheurs du RIKEN ont maintenu leur objectif de 10 petaflops, et comptent bien l'atteindre grâce au tout dernier processeur de Fujitsu, annoncé comme le plus puissant du monde. Ce SPARC64 VIIIfx est un microprocesseur scalaire à huit cœurs, capable de délivrer une puissance totale de 128 gigaflops. Il est gravé en 45 nm et devrait donc aussi fournir un excellent rendement en termes de consommation d'énergie.

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Le SPARC VIIIfx et le réseau 3D Torus

Autre avantage, ce processeur intègre une fonction de détection et correction d'erreur pour maximiser sa fiabilité. Il sera intégré dans un réseau en trois dimensions de type Torus, où chaque noeud de calcul est connecté de manière longitudinale et transversale, multipliant les possibilités d'échanges directs de données entre eux. Ce réseau à très large bande passante est du coup aussi annoncé comme plus résilient face aux erreurs, et plus facile à agrandir par extension.

Le RIKEN souhaite ici se doter du supercalculateur le plus puissant du monde, et ceci sans utiliser la puissance brute des processeurs vectoriels. Une originalité audacieuse alors que la tendance est plutôt à l'exploitation de configurations hybrides pour démultiplier les puissances de calcul.
Par Bruno Cormier Publiée le 17/07/2009 à 15:19
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